Stellantis stoppe définitivement la production du petit utilitaire Fiorino
Le groupe Stellantis a stoppé définitivement fin 2024 la production du petit utilitaire Fiat Fiorino lancé en 2007 qui aura donc connu une carrière commerciale longue de 17 ans. Ce modèle fabriqué en Turquie succédait alors au Fiat Fiorino sur base Fiat Uno qui lui était fabriqué en Italie.
 
Le Fiorino était le plus petit des utilitaires de la gamme Fiat qui comprenait au niveau supérieur les Doblo (N1-1), les Scudo (N1-2) et les Ducato (N1-3). En 2008, le Fiorino est décliné en versions Peugeot (Bipper) et Citroën (Nemo), les deux marques françaises ne disposant pas de modèle utilitaire aussi petit à leur catalogue.
 
L’utilitaire Fiat Fiorino vécut sa carrière commerciale dans l’ombre du Fiat Doblo davantage demandé car disposant d’un volume de chargement plus important. Le Fiorino connut sa meilleure période au moment de la crise économique de 2009-2010, durant laquelle la demande s’orientait vers les petits modèles, encouragée par les primes à la casse. En 2009 et 2010, la Fiorino atteint 120 000 unités produites par an avant de retomber à 80 000 puis 40 000 les années suivantes.
 
Le Fiat Fiorino est restylé en 2016 alors que disparaissent au même moment les Citroën Nemo et Peugeot Bipper. Le groupe PSA propriétaire des marques Citroën et Peugeot avait jugé que l’avenir des utilitaires ne passait pas par ce petit format mais qu’au contraire par des formats agrandis comme les futurs Citroën Berlingo et Peugeot Partner qui seront lancés en 2018. En 2024, Fiat (intégré dans le groupe Stellantis depuis 2021) tire la même conclusion en abandonnant et en ne remplaçant pas le Fiorino.
Les Smart #1 et #3 ne parviennent pas à s’imposer ni en Europe ni en Chine
Nicolas Hayek, fondateur du groupe horloger Swatch, est le créateur de la Swatchmobile dévoilée dans les années 1990 et qui deviendra –  après quelques modifications – la Smart en 1998, avec l’aide de Mercedes. Ce petit modèle deux places de 2,50 m de long était sans rival en Europe. C’est la raison pour laquelle la Smart (rebaptisée Fortwo au moment du lancement de la Forfour à quatre places) rencontrera un certain succès sur le marché européen, en tant que citadine de segment A. Sur un total de 2,5 millions de Smart produites en France (Hambach en Lorraine) entre 1998 et 2024, 2,1 millions étaient des versions deux places (Fortwo) et 0,4 million des versions quatre places (Forfour). Le premier pic de ventes fut atteint en 2004-2005 (132 000 unités par an) après le lancement de la Forfour qui doublait l’offre de la marque, avant un lent déclin observé entre 2006 et 2014, le volume de ventes de Smart passant de 132 000 en 2005 à 54 000 en 2014, avec l’abandon de la Forfour dès 2007. Les nouvelles générations de Fortwo et Forfour lancées en 2014 ont relancé la marque qui atteint un second pic de ventes en 2019 (113 000 unités). Mais la maison-mère Mercedes décide alors de passer toute la gamme Smart au 100% électrique et les ventes s’effondrent (du fait d’un prix de 26 500 euros pour une Smart électrique contre 12 500  euros pour une Smart thermique). En 2020, seulement 27 000 Smart sont écoulées en Europe. Toutefois, 140 000 Smart électriques y seront vendues jusqu’en décembre 2024.
 
Mercedes décide de s’associer avec le chinois Geely pour concevoir et produire les futures Smart électriques en Chine. La #1 de segment B est lancée en 2023 et la #3 de segment C en 2024. Mais ces modèles plus imposants et plus chers que les anciennes Fortwo et Forfour ne parviennent pas s’imposer ni sur le marché européen ni sur le marché chinois.
 
Les ventes mondiales de Smart remontées à 87 500 unités en 2023, contre 37 000 en 2022, retombent à 57 500 en 2024. Le constat est que les Fortwo et Forfour n’ont pas été vraiment remplacées. La clientèle réclame une Smart électrique de segment A, à un prix abordable.
Inovev prévoit 150 000 unités par an de la nouvelle Mercedes CLA
Mercedes a dévoilé la troisième génération de sa berline CLA produite en Hongrie, répertoriée par le constructeur sous le terme Coupé 4 portes. Ce modèle de 4,72 m de long (+4 cm de plus que l’ancienne génération) qui fait un peu double emploi avec la Mercedes Classe C (4,75 m de long) s’en différencie visuellement par une troisième vitre latérale, à l’instar de ses principales concurrentes la BMW Série 2 Gran Coupé (4,53 m) et l’Audi A3 berline 4 portes (4,50 m).
 
La nouvelle CLA qui remplace à la fois l’ancienne CLA, mais aussi les Classe A et Classe B dont la production va cesser à la fin de cette année, est dotée de la nouvelle plateforme MMA (Mercedes Modular Architecture) multi-énergie. Cette nouvelle plateforme permet à la voiture d’adopter aussi bien des motorisations 100% électriques que des motorisations thermiques (micro-hybrides).
 
Au moment de sa commercialisation l’été prochain, la CLA sera proposée en version 100% électrique avec un moteur de 271 ch (200 kW) placé à l’arrière (la nouvelle CLA 100% électrique devient donc une propulsion) accouplée à une batterie NMC de 85 kWh autorisant une autonomie de 800 km selon le cycle WLTP. Une version plus sportive de 353 ch (260 kW) sera proposée dans la foulée. Puis une version d’entrée de gamme avec une batterie LFP de 58 kWh sera ajoutée l’automne prochain. Suivront les versions thermiques en 2026, micro-hybrides 48V sur la base du moteur quatre cylindres 1.5 turbo développé avec Geely, de 136 ch, 163 ch et 190 ch, et placé à l’avant (la CLA thermique est donc une traction). La nouvelle Mercedes CLA sera déclinée en break l’an prochain.
 
Inovev prévoit 150 000 unités par an de la nouvelle Mercedes CLA.
Inovev prévoit entre 200 000 et 250 000 unités par an de la nouvelle Audi A6
Audi a présenté la remplaçante de l’Audi A6 à moteur thermique (code C8) qui aurait du s’appeler A7, mais qui s’appelle finalement A6 suite à un nouveau changement de politique concernant la dénomination des modèles de la marque.
 
La nouvelle Audi A6 à moteur thermique (code C9), qu’il ne faut pas confondre avec l’Audi A6 E-Tron à motorisation 100% électrique, est dévoilée uniquement en version break Avant (version traditionnellement la plus vendue des Audi A6). Il n’est donc pas certain qu’une version berline soit lancée dans les prochains mois, du moins en Europe (mais peut-être en Chine). Le groupe VW (dont fait partie Audi) avait déjà procédé de la même manière avec la nouvelle VW Passat uniquement disponible en break.
 
La nouvelle Audi A6 Avant, qui s’allonge de 5 cm pour atteindre 4,99 m, est basée sur la plateforme PPC réservée aux motorisations thermiques et hybrides (F-HEV, PHEV, MHEV) contrairement à l’Audi A6 E-Tron basée sur la plateforme PPE dédiée aux motorisations 100% électriques. Ses moteurs sont ultra-connus : le quatre cylindres 2.0 TFSI essence de 204 ch (150 kW), le V6 3.0 TFSI essence micro-hybride (MHEV) de 367 ch (270 kW) et le quatre cylindres 2.0 TDI diesel micro-hybride (MHEV) de 204 ch (150 kW). Des motorisations hybrides rechargeables (PHEV) viendront s’ajouter à la gamme en 2026, ainsi que des versions sportives S6 et RS6.
 
La nouvelle Audi A6 Avant ,proposée à un tarif compris entre 70 000 et 80 000 euros selon les versions, entre en concurrence directe avec les BMW Série 5 break Touring et Mercedes Classe E break. Le modèle sera produit à Neckarsulm (Allemagne) et à Changchun (Chine) comme aujourd’hui, au rythme de 200 000 à 250 000 unités par an au total, ce volume devant dépendre de l’intensité du succès des Audi A6 E-Tron électriques au cours des prochaines années.  Audi est prêt à augmenter la production des versions thermiques si les versions électriques ont du mal à décoller, que ce soit en Europe ou en Chine, la réciproque étant également vraie.
La surtaxe américaine pourrait faire baisser de 200 000 véhicules les exportations depuis l’Europe
La nouvelle surtaxe américaine de 25% sur les véhicules importés depuis l’UE et la Grande Bretagne et imposée depuis le 5 avril par l’administration américaine met la lumière sur les flux de véhicules entre ces deux régions du monde.
 
En 2024, selon le calcul d’Inovev, environ 860 000 véhicules particuliers ont été exportés depuis l’Europe : 730 000 véhicules de l’Union Européenne et 130 000 véhicules depuis la Grande Bretagne. Selon Eurostat et la SMMT, un peu plus de 900 000 véhicules ont été exportés depuis l’Europe : 806 000 depuis l’Union Européenne (source Eurostat) et 102 000 depuis la Grande-Bretagne (source SMMT). Les USA sont la première destination des exportations de véhicules européen, représentent environ 21,5% des exportations totales européennes.
 
Parmi ces véhicules exportés, 42% sont de segments D, 28% de segment E et 20% de segment C. Les premiers groupes automobiles exportateurs sont les constructeurs allemands : 26% du groupe VW, 24% de Mercedes et 19% de BMW. Suivent les groupes Geely (en fait Volvo) avec 13% des exports et le groupe Tata (Land Rover, Jaguar) avec 12%.
 
Quel impact pourrait avoir cette nouvelle surtaxe sur les exportations européennes vers les USA ? Elle dépendra dans un premier temps de la durée de cette mesure : 1 mois ? 1 an ? Plus ? La durée de cette mesure pouvant être dépendante des pressions que pourraient exercer à la fois les industriels sur le sol américain (constructeurs et chaînes de fournisseurs) mais aussi les réseaux de distributeurs qui risquent de voir des baisses de ventes à court terme (dans l’hypothèse où il n’y a PAS de report vers des modèles produits sur le sol américain). De plus, le taux de cette surtaxe pourrait également varier dans le temps si des négociations s’ouvrent entre les USA et l’Europe. Si cette surtaxe était amenée à courir sur toute l’année 2025 au taux constant de 25%, Inovev estime que les exportations pourraient baisser de 200 000 unités par rapport à 2024.
 
Les véhicules de segments C et D pourraient être les plus touchés, tels que les Mercedes GLC (SUV de segment D), Volvo XC60 (SUV-D), Mercedes C-Class (Sedan-D) ou Audi Q3 (SUV-C), qui sont dans le TOP 5 des véhicules exportés depuis l’Europe et pour lesquels une hausse des taxes pourraient impacter de manière significative le prix de vente final et donc une partie de la clientèle. De plus, certains constructeurs pourraient être tentés d’interrompre les livraisons de leurs véhicules dans l’attente d’une meilleur visibilité sur la durée de cette mesure.
 
Si cette mesure était amenée à perdurer au-delà de 2025 (voire 2026), les constructeurs européens pourraient ajuster leurs stratégies industrielles : transfert de production de certains modèles, ajout de lignes de production en cas de saturation de capacités, voire construction d’une nouvelle usine. D’autant plus que pour les constructeurs allemands, d’autres usines hors Europe sont également concernées, principalement au Mexique. Ces sujets relatifs aux usines de production seront analysées plus en détail dans la prochaine édition des AutoAnalyses.
 
Plateformes Inovev  >
Pas encore inscrit?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de Cookies et des Conditions Générales d'utilisation (CGU) du site Inovev (www.inovev.com)
Ok