Mercedes va réduire ses capacités de production en Allemagne
Après Volkswagen qui a annoncé vouloir réduire ses capacités de production en Allemagne de 734 000 véhicules par an, c’est au tour de Mercedes d’annoncer vouloir réduire les siennes de 100 000 unités, toujours en Allemagne, sans doute à Rastatt, où sont produites les Classe A, Classe B, GLA et EQA, car le constructeur a annoncé qu’il cesserait la fabrication des Classe A et Classe B à la fin de l’année 2025.
 
Les capacités actuelles de production de Mercedes en Allemagne sont d’un million de véhicules par an, réparties de la manière suivante : 350 000 à Brème, 250 000 à Rastatt, 250 000 à Sindelfingen et 150 000 à Düsseldorf. Le site de Rastatt devrait donc passer de 250 000 à 150 000 véhicules par an à partir de 2026. L’ensemble des Mercedes GLA et EQA a en effet été produit à 148 665 unités en 2024, contre 152 495 en 2023, mais le constructeur ne s’interdit pas de transférer une partie de cette production vers son usine hongroise de Kecskemét où les coûts de fabrication sont 70% moins élevés selon lui. Dans tous les cas, le constructeur prévoit de réduire ses effectifs en Allemagne, sans en annoncer le nombre exact. Mercedes annonce en outre transférer une partie de sa production automobile allemande vers son usine américaine de Tuscaloosa, plus précisément la production de modèles à destination des Etats-Unis, ceci afin d’éviter la hausse des droits de douane sur les importations européennes décidée par Donald Trump et qui devrait atteindre 25%.
 
Enfin, les ventes mondiales de BEV du groupe Mercedes ayant baissé de 23,1% en 2024, le constructeur annonce qu’il abandonnait l’idée de vendre 100% de véhicules électriques en 2030, et qu’il lancerait davantage de voitures essence et diesel que de voitures 100% électriques au cours des cinq prochaines années , encourageant ainsi le transfert d’une partie de la clientèle de l’électrique vers le thermique. D’autres constructeurs ont annoncé vouloir suivre cette même stratégie.
Les nouvelles BEV à moins de 30 000 euros vont-elles relancer le marché européen ?
Alors que durant les dernières années, les prix des voitures ont beaucoup augmenté et que l’offre des modèles 100% électriques s’est plutôt faite autour de 35 000 à 50 000 euros (une Volkswagen ID3 vaut 35 000 euros, une Tesla Model 3 vaut 40 000 euros, une Tesla Model Y vaut 45 000 euros), les constructeurs ont annoncé qu’ils allaient, pour un certain nombre d’entre eux, lancer des modèles 100% électriques à moins de 30 000 euros pour élargir leur gamme et pouvoir répondre à une demande qui ne peut aujourd’hui être satisfaite. Depuis plusieurs mois, les lancements de voitures 100% électriques de moins de 30 000 euros s’accélèrent, en accord avec ces annonces. Citons les modèles les plus représentatifs : Citroën e-C3 (23 300 euros à 27 800 euros) dotée d’une batterie de 44 kWh, Fiat Grande Panda EV (24 900 euros) dotée d’une battrerie de 44 kWh, Renault 5 E-Tech (27 990 euros) dotée d’une batterie de 40 kWh, Hyundai Inster (29 250 euros) dotée d’une batterie de 49 kWh, Kia EV2 (prix non communiqué) dotée d’une batterie de 49 kWh.
 
D’autres modèles devraient être lancés en 2026 dans cette gamme de prix, comme les Renault Twingo E-Tech, Volkswagen ID1/ID2, Skoda Epiq et Cupra Raval. Il faudra surveiller également les constructeurs chinois qui pourraient investir de marché, malgré leur handicap de ne pas pouvoir bénéficier du bonus écologique. La Leapmotor T03 est déjà proposée en Europe, à un prix de 20 000 euros, mais ce modèle n’y a été diffusé qu’à un millier d’exemplaires en 2024.
 
Quoiqu’il en soit, ces nouveaux modèles 100% électriques à moins de 30 000 euros ne pourront pas relancer le marché européen dans son ensemble (ils devraient représenter seulement 7% du marché européen en 2030), mais ils pourront relancer le marché européen de l’électrique qui ne progresse plus depuis 2024. En 2030, les BEV dans leur ensemble pourraient représenter 35% de la production européenne (VP+VUL) contre 14% en 2024, contre 13% en 2023 et 10% en 2022.
Pourquoi la future Audi A6 ne s’appellera pas A7
Il y a deux ans, le constructeur Audi avait annoncé une nouvelle manière de baptiser ses modèles. Avant 2023, les modèles 100% électriques étaient appelés E-Tron en plus de leur appellation commençant par un A pour les berlines, les breaks, les coupés et les cabriolets, ou par un Q pour les SUV. A partir de 2023, les nouveaux modèles lancés par Audi ont été regroupés en deux groupes, ceux à chiffre impair pour les modèles à moteur thermique ou hybride (MHEV, Full-HEV, PHEV) et ceux à chiffre pair pour les modèles à moteur 100% électrique (BEV) continuant néanmoins à porter l’appellation supplémentaire E-Tron (Q4 E-Tron, Q6 E-Tron, Q8 E-Tron, etc…).
 
C’est ainsi que l’on a vu apparaître récemment l’Audi A6 E-Tron (berline de segment E 100% électrique) comportant un chiffre pair car motorisée par du 100% électrique. Selon la règle appliquée depuis 2023, la remplaçante de l’Audi A6 à moteur thermique aurait donc dû s’appeler A7. La remplaçante de l’Audi A4 à moteur thermique s’est ainsi appelée A5 pour respecter cette nouvelle règle des dénominations des modèles. Comme il existait déjà auparavant une Audi A5, la nouvelle Audi A5 a remplacé à la fois les anciennes Audi A4 et A5.
 
La future remplaçante de l’Audi A8 à moteur thermique devait s’appeler Audi A9, seule la version électrique devant reprendre le nom A8.
 
Mais le constructeur vient de décider d’abandonner ce système d’appellation et de revenir à la situation d’avant 2023. La remplaçante de l’Audi A6 s’appellera donc Audi A6, la remplaçante de l’Audi A7 s’appellera Audi A7 et la remplaçante de l’Audi A8 s’appellera Audi A8. Selon Inovev, ce nouveau changement dans le système d’appellation des modèles Audi tient au fait que l’appellation A5 fait un flop et que les appellations A7 et A9 manquent de notoriété, l’Audi A7 ne représentant que 15% des ventes d’Audi A6 en moyenne durant ces dernières années. Quant à l’Audi A9, elle n’a jamais existé jusqu’à maintenant, et il est délicat d’imposer un nom inconnu. Le nouveau système d’appellation instauré par Audi à partir de 2025 sera beaucoup plus souple, car il permettra de dériver des versions E-Tron sur tous ses modèles.
Kia produira son nouveau modèle électrique EV2 en Slovaquie
A l’instar de son compatriote Hyundai, le constructeur coréen Kia complète régulièrement sa gamme de voitures 100% électriques entamée avec les EV6 (berline de segment D) de 4,68 m de long et EV9 (SUV de segment E) de 5,01 m de long. L’an dernier, s’est ajouté l’EV3 (SUV de segment C) de 4,30 m de long. Ces trois modèles reposent sur la même plateforme e-GMP commune à Hyundai, Kia et Genesis. En 2025, un autre modèle va s’ajouter à ces trois modèles 100% électriques sur la même plateforme. Il s’agit du Kia EV2 (SUV de segment B) qui reprend le style du Kia EV3 mais dans des proportions plus modestes (4,00 m de long) mais un peu plus imposantes toutefois que celles de son compatriote le Hyundai Inster (3,83 m) à l’aspect différent.
 
Ce nouveau modèle entre dans la série de modèles compacts 100% électriques proposés en Europe à moins de 30 000 euros, qui sont lancés depuis l’an dernier par les constructeurs, comme les Citroën e-C3, Renault 5 E-Tech, Fiat Grande Panda EV, Hyundai Inster qui seront bientôt rejoints par les Renault Twingo, Skoda Epiq, Cupra Raval, Volkswagen ID1 et ID2.
 
Dans la gamme Kia, la EV2 remplacera la Rio à moteur thermique d’une longueur comparable et retirée du marché européen depuis l’an dernier. Elle sera dotée au choix d’une batterie LFP autorisant une autonomie WLTP de 300 km ou d’une batterie NMC autorisant une autonomie WLTP de 450 km.
 
Kia produira la EV2 en Europe, dans son usine slovaque de Zilina, à partir de l’automne 2025, en réponse aux ambitions des constructeurs chinois qui veulent s’implanter aujourd’hui en Europe. Le constructeur table sur un volume initial de 80 000 unités par an puis 100 000 par an, ce qui semble très ambitieux. Kia devrait alors augmenter la capacité de production de son usine de Zilina fixée aujourd’hui à 300 000 véhicules par an. En 2024, cette usine a produit 287 000 voitures (Ceed, XCeed, ProCeed, Sportage).
Les constructeurs chinois ont vendu 402 000 voitures en Europe (30 pays) en 2024
Les constructeurs chinois ont vendu 402 000 voitures en Europe (30 pays = UE + Royaume Uni + Suisse + Norvège) en 2024 contre 353 000 en 2023 et 248 000 en 2022. Ces chiffres ne comprennent pas la Russie. On a vu dans une précédente Auto-Analyse que les constructeurs chinois avaient vendu 943 500 voitures en Russie en 2024, soit 1 343 500 unités sur le continent Europe + Russie, chiffre record pour les constructeurs chinois. Alors qu’ils détiennent 61% du marché russe en 2024, ils n’en détiennent que 3,1% en Europe 30 pays où la concurrence est beaucoup plus importante, puisqu’elle réunit les constructeurs européens, américains, japonais et coréens (ce qui n’est plus le cas en Russie où tous ces constructeurs se sont retirés).
 
Le constructeur chinois qui a vendu le plus de véhicules en Europe 30 pays l’an dernier est le groupe SAIC qui a écoulé 242 532 voitures dont 241 624 MG. Il devance largement les trois principaux constructeurs chinois indépendants, à savoir BYD (48 587 voitures vendues en Europe sous différentes marques), Chery (43 787 voitures vendues en Europe sous différentes marques) et Geely (42 669 voitures vendues en Europe sous différentes marques sans compter Volvo). Les autres constructeurs ont vendu chacun moins de 10 000 voitures en Europe en 2024, avec Xpeng et Great Wall comme chefs de file.
 
Les constructeurs occidentaux ont de leur côté vendu 205 000 voitures importées de Chine, principalement Tesla (108 975 Model 3), Smart (25 012 #1 et #3), Dacia (20 845 Spring), Mini (19 224 Aceman et Cooper E) et BMW (13 892 iX3).
 
Au total, ce sont donc 607 000 voitures importées de Chine qui ont été vendues en Europe 30 pays, représentant 4,7% du marché.
 
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