Les Ford Mustang et Chevrolet Corvette font de la résistance
Depuis une dizaine d’années, la stratégie des deux plus grands constructeurs américains, GM et Ford, a été notamment de supprimer les berlines de leur gamme commercialisée aux Etats-Unis. On a vu ainsi disparaître :
1. Chez Ford : Focus (segment C) en 2018, Fiesta (segment B) en 2019, Taurus (segment E) en 2019, Fusion (segment D) en 2020.
2. Chez Lincoln : MKS (segment E) en 2016, MKZ (segment D) en 2020, Continental (segment F) en 2020.
3. Chez Chevrolet : Aveo (segment B) en 2017, Cruze (segment C) en 2019, Volt (segment D) en 2019, Impala (segment E) en 2020, Bolt (segment B) en 2023, Malibu (segment D) en 2024. Le coupé Camaro a été supprimé quant à lui en 2023.
4. Chez Buick : Verano (segment C) en 2016, Regal (segment D) en 2017, La Crosse (segment E) en 2019.
5. Chez Cadillac : ATS (segment D) en 2019, CTS (segment E) en 2019, XTS (segment E) en 2019, CT6 (segment E) en 2020. Les CT4 et CT5 sont en sursis.
 
Seules subsistent aujourd’hui en production les Ford Mustang et Chevrolet Corvette qui sont les deux seules voitures des groupes Ford et GM qui ne soient ni des SUV ni des pick-up. Cette observation aurait paru totalement irréaliste au début des années 2000, où les berlines représentaient encore près de 2 millions d’unités produites chaque année. Ford et GM laissent ainsi le champ libre aux Japonais et aux Coréens.
Le segment C représente 35,4% du marché européen (30 pays) des VP en 2024
La segmentation du marché européen des voitures particulières en 2024 montre que le segment C reste prédominant, avec 35,4% de part de marché, chiffre en légère hausse par rapport à 2023 (34,9%). Le segment B talonne le segment C, avec une part de marché de 32,7% en Europe en 2024, chiffre en légère hausse par rapport à 2023 (31,8%). Ces deux segments consolident donc leur avance sur tous les autres.
 
Le segment D est plutôt stable (14,9%) mais a perdu de l’influence par rapport aux début des années 2000 (il représentait alors 16% du marché entre 2005 et 2008). Le segment E est en décroissance constante depuis une vingtaine d’années. Il ne représente plus que 6,0% du marché européen en 2024 contre 6,7% en 2023 et 7,0% en 2022. Les segments D et E sont probablement victimes de prix élevés et de l’amélioration constante des prestations des modèles plus compacts (segment C  notamment) dont les dimensions et les performances augmentent régulièrement.
 
Le segment A (4,2%) est complètement délaissé par les constructeurs mais il pourrait renaître au cours des prochaines années car l’augmentation des dimensions, des prestations et du prix des voitures de segment B crée un vide de plus en plus béant en-dessous du segment B.
 
Lorsque l’on analyse le marché européen par type de carrosserie, l’année 2024 montre une domination de plus en plus forte des SUV  (54% du marché) face aux berlines  (42%). Les berlines représentaient encore 80% du marché européen entre 2005 et 2009, et les SUV moins de 10%. Les monospaces ont pratiquement disparu du marché (1,5% du marché en 2024 contre 15% en 2005). Quant aux Van (versions transport de passagers des utilitaires légers), ils ont repris un peu de vigueur en 2024, avec 2,5% du marché.
La production de VUL en Europe est en croissance de 12% en 2024
Depuis 2005, le volume de production des véhicules utilitaires légers (VUL) en Europe 30 pays (UE + Royaume-Uni + Suisse + Norvège) a suivi la courbe des ventes de ces véhicules sur le continent, avec un chiffre proche de deux millions d’unités en 2024 (+12,0% par rapport à 2023), comparable à celui des ventes de VUL en Europe.
 
On peut donc affirmer que le volume des exportations de VUL est très proche de celui des importations, principalement en provenance de Turquie (Ford Transit, Transit Custom) qui demeure le pays dont l’Europe importe le plus de VUL (200 000 unités en 2024) et de Thaïlande (la plupart des pick-up, soit 80 000 unités en 2024).
 
L’Europe exporte donc près de 300 000 VUL dans les autres régions du monde, ce qui représente 15% du total de la production européenne de VUL en 2024.
 
Parmi les constructeurs qui produisent des VUL en Europe (il n’y a que sept grands constructeurs de VUL sur ce continent), le groupe Stellantis est largement leader grâce à ses marques Citroën, Peugeot, Opel et Fiat, avec 40% de la production totale de VUL en Europe en 2024, devant Renault (17% de la production), Mercedes (12% de la production), Volkswagen (11% de la production), Ford (8% de la production), Toyota (4% de la production) et Nissan (3% de la production).
 
Les pays européens qui produisent le plus de VUL sont la France (612 000 unités en 2024), devant l’Espagne (389 000 unités), la Pologne (300 000 unités), l’Italie (230 000 unités), l’Allemagne (206 000 unités) et l’Angleterre (105 000 unités).
La production automobile mondiale (VP+VU) par continent en 2024
D’après les estimations Inovev, le volume de la production automobile mondiale (VP+VU) est resté stable en 2024 par rapport à 2023, avec un volume de production de 91,5 millions de véhicules (voitures particulières, véhicules utilitaires légers, poids-lourds et bus), ce qui tend à démontrer que les constructeurs automobiles ont continué à déstocker l’an dernier, mais moins que l’année précédente, le marché automobile mondial ayant progressé de 1,7% l’an dernier.
 
L’Europe et l’Asie ont moins fabriqué de véhicules que l’année précédente. En Asie, la hausse enregistrée en Chine (+1 115 000 unités) n’a pas pu compenser la baisse enregistrée au Japon (-685 000 unités), en Thaïlande (-375 000 unités), en Indonésie (-205 000 unités), en Corée (-145 000 unités). Les deux Amériques enregistrent une petite progression (autour de +1,5%). Finalement, la région la plus dynamique est la Russie qui passe de 615 000 unités en 2023 à 756 000 en 2024, compensant par là même  l’arrêt provisoire de la production en Serbie, en Ukraine et au Belarus. Mais on est encore loin de retrouver les niveaux atteints avant 2022.
Le recul des constructeurs allemands en Chine
Les constructeurs allemands (Volkswagen Mercedes, BMW) se sont implantés en Chine dès les années 80 et 90. Le groupe Volkswagen a tout de suite pris la position de leader face à la concurrence étrangère et à la concurrence chinoise. Il a été jusqu’à produire plus de 4 millions de voitures par an, le pic de production ayant été atteint en 2018. A partir de 2019-2020, le contexte a complètement changé car la demande en voitures électriques (ainsi que l’offre) a commencé à exploser, conséquence d’une stratégie chinoise visant à favoriser l’électrique, où les constructeurs chinois (en premier lieu BYD) s’étaient préparés depuis des dizaines d’années en investissant massivement, ainsi que l’américain Tesla qui avait alors une longueur d’avance en la matière sur les autres constructeurs.
 
Les ventes de Volkswagen ont à ce moment reculé fortement, passant de 4 millions à 3 millions d’unités en deux ans (entre 2019 et 2021). Le groupe a réussi à résister pendant deux ans (entre 2021 et 2023) surtout grâce à la bonne tenue des ventes d’Audi, la filiale Premium du groupe. Mais l’année 2024 a vu un nouveau décrochement du groupe Volkswagen, à 2,75 millions d’unités.
 
Les constructeurs allemands Premium indépendants, Mercedes et BMW, ont réussi à progresser jusqu’en 2023, grâce à leur image de fabricants de voitures statutaires, catégorie où les constructeurs chinois n’étaient pas encore très présents. L’année 2024 a connu leur premier vrai décrochage face à la montée en puissance des constructeurs chinois Premium.
 
Au total, la part de marché des groupes Volkswagen, Mercedes et BMW est passée progressivement de 20% en 2017 à 16% en 2024, et les prochaines années risquent d’être encore plus difficiles, la clientèle chinoise se reportant de plus en plus vers les marques chinoises qui ont fait d’énormes progrès depuis dix ans.
 
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