Le marché mondial a augmenté de 12,9% en 2023 par rapport à 2022
Selon Inovev, le marché automobile mondial a augmenté de 12,9% en 2023 par rapport à 2022. Cette relance du marché mondial l’an dernier est toutefois un modeste rattrapage des années 2020-2021-2022 qui avaient vu les ventes de véhicules neufs s’effondrer, pour plusieurs motifs successifs, comme la crise sanitaire (2020), la crise des semi-conducteurs (2021) et la crise des approvisionnements (2022). Ces trois années ont fait perdre entre 30 millions et 40 millions de véhicules au total, or le rattrapage de 2023 n’a fait que compenser une petite partie de ce volume, soit 10 millions de véhicules, revenant à un niveau atteint en 2019 mais qui était déjà inférieur à ceux des années 2016-2017-2018. Le volume d’immatriculations de véhicules neufs dépasse à peine les 82 millions d’unités en 2023, contre 84 millions en 2016, 86 millions en 2017 et 86 millions en 2018.
 
Les régions les plus dynamiques en 2023 ont été la Turquie (+56% en raison d’anticipations d’achats avant une hausse des tarifs et des taxes en 2024), la Russie (+36,3% après un effondrement de 58,8% en 2022) et le Mexique (+25,4%) mais leur volume global relativement faible n’a pas influé véritablement sur la croissance mondiale.
 
C’est surtout la Chine (+12%), les Etats-Unis (+12,1%) et l’Europe 29 pays (+13,7%) qui – de par leur volume important – ont influé sur la croissance mondiale, ces trois régions représentant 70% des ventes mondiales de voitures particulières et véhicules utilitaires légers.
 
Selon Inovev, la relance du marché automobile mondial devrait se poursuivre en 2024, avec un volume de 84 millions d’unités environ.
Le marché japonais augmente de 15,8% en 2023 par rapport à 2022
Le marché automobile japonais (voitures particulières) a connu une relance en 2023, de l’ordre de 15,8% par rapport à 2022, avec un volume d’immatriculations de 3 992 728  unités contre 3 448 298 en 2022, 3 675 698 en 2021 et 3 809 981 en 2020. Au Japon aussi, le rattrapage des ventes manquées en 2020-2021-2022 n’a été que partiel, puisque celles-ci estimées à près de 2 millions d’unités n’ont été compensées qu’à hauteur de 500 000 unités, soit le quart de ce qu’il aurait fallu.
 
Toutefois, le marché automobile japonais s’est approché de très près de la barre des 4 millions d’unités l’an dernier, tout en restant inférieur aux volumes atteints entre 2012 et 2019, qui se situaient entre 4,2 millions et 4,7 millions d’unités. L’année 2022 semble avoir marqué le fond avec un volume de près de 3,5 millions d’unités équivalent à celui de 2011 qui avait été marquée par un tsunami occasionnant de gros dégâts. L’année 2024 devrait marquer une petite progression des ventes par rapport à 2023.
 
Par constructeurs, le groupe Toyota (Toyota, Lexus, Daihatsu) représente toujours près de la moitié des immatriculations de voitures neuves au Japon (48% en 2023), loin devant Honda (14%), Suzuki (13%), Nissan (10%) et Mazda (4%). Si Suzuki devance largement Nissan (ex-numéro 2 dans le dernier quart du 20e siècle), c’est en raison de ses petites voitures qui représentent la moitié des K-Cars vendues au Japon. Et lorsque l’on sait que les K-Cars représentent aujourd’hui le tiers du marché japonais, on comprend la puissance de Suzuki (et de son concurrent Daihatsu, propriété de Toyota) sur ce marché. Les importations représentent 6% du marché japonais depuis une vingtaine d’années, et l’on retrouve encore cette proportion en 2023.
Le marché chinois augmente de 10,2% en 2023 par rapport à 2022
Le marché automobile chinois (voitures particulières) a renoué avec la croissance à partir de 2021 après trois années de baisse. Il a atteint le record de 25,9 millions d’unités en 2023 contre 23,6 millions en 2022, 21,5 millions en 2021 et 20,2 millions en 2020. Les 30 millions d’unités seront probablement atteints en 2025. La Chine est restée l’an dernier et de loin le premier marché automobile mondial devant l’Europe et les Etats-Unis. Elle reste aussi de loin le premier marché des voitures 100% électrique (BEV) et des hybrides rechargeables (PHEV). Sur 25,9 millions de ventes de voitures particulières en 2023, on compte 6 132 487 ventes de BEV (soit 23,7% du marché) et 2 735 656 ventes de PHEV (10,6% du marché).
 
Par constructeurs, on observe depuis quelques années la perte d’influence des constructeurs étrangers (notamment européens) face à une progression des constructeurs chinois qui détiennent maintenant 55% du marché chinois contre 40% en 2020.
 
Cette progression des marques chinoises qui a été favorisée par la croissance des ventes de BEV et de PHEV a profité particulièrement au groupe BYD qui a rattrapé « l’inatteignable » groupe Volkswagen en terme de ventes, avec 13% de part de marché pour chacun des deux constructeurs. BYD a vendu 3 millions de véhicules en Chine l’an dernier dont 53% de BEV et 47% de PHEV, alors que Volkswagen qui a vendu également 3 millions de véhicules mais seulement 6% de BEV et 1% de PHEV. Le retard des Européens an matière de motorisation électrique est flagrant et pourrait amplifier leur déclin au cours des prochaines années.
 
Derrière Volkswagen et BYD, GM (8%) est talonné par Geely (8%) et Toyota (7%) est talonné par Chery (7%). Tesla occupe 4% du marché chinois, alors que Stellantis disparaît complètement du marché chinois.
Le marché russe augmente de 36,3% en 2023 par rapport à 2022
Le marché automobile russe (voitures particulières) a connu une petite relance en 2023, après l’effondrement observé en 2022 du principalement à l’engagement de la Russie dans la guerre en Ukraine et aux sanctions économiques occidentales qui ont eu pour conséquence l’arrêt de la production, des ventes et des importations de voitures européennes, japonaises et coréennes.
 
De 687 370 voitures particulières neuves immatriculées en 2022,  le marché a enregistré 937 081 ventes en 2023, représentant une hausse de 36,3%. Pourtant, la guerre en Ukraine n’est pas terminée et les sanctions économiques contre la Russie se poursuivent. On est encore très loin des chiffres enregistrés les années précédentes, comme 1 666 780 unités en 2021 ou 1 759 532 en 2019. Et encore plus loin du record de 2012 avec près de 3 millions d’unités.
 
Avec le départ des marques européennes, japonaises et coréennes, le marché russe est en train de changer totalement de physionomie. En effet, si Avtovaz (Lada) redevenu indépendant en 2022 revient à son niveau traditionnel (avec près de 40% de part de marché), les marques automobiles chinoises ont pris progressivement la place des marques européennes, japonaises et coréennes. En 2023, elles ont représenté 49% du marché russe, contre 18% en 2022 et 7% en 2021. Près de 460 000 voitures chinoises ont été immatriculées en Russie en 2023. Cette arrivée massive de voitures chinoises en Russie a permis de réapprovisionner et de redémarrer le marché, et de « rattraper » une partie des ventes manquées en 2022. Ce sont surtout les marques Chery (45% des ventes de voitures chinoises), Great Wall (30%) et Geely (20%) qui représentent actuellement la quasi-totalité des ventes de voitures chinoises en Russie.
L’usine Toyota d’Onnaing consolide sa place de première usine d’assemblage en France en 2023
Selon Inovev, la production automobile en France aurait faiblement augmenté en 2023 par rapport à 2022, de l’ordre de 2% pour atteindre 1,41 million de voitures particulières et véhicules utilitaires légers, contre 1,385 million d’unités en 2022.
 
Indépendamment du fait que la relocalisation de modèles en France se fait toujours attendre, plusieurs raisons expliquent cette faible croissance de la production en France.
1. Chez Stellantis, la fin de vie de la génération actuelle du Peugeot 3008 et le démarrage de la récente Peugeot 408.
Les DS3 et DS7 demeurent à un niveau très bas, traduisant les difficultés des constructeurs français dans la catégorie Premium.
2. Chez Renault, la fin de vie de la génération actuelle du Scénic et de la Zoé, ainsi que de la Nissan Micra, et le modeste succès de la récente Mégane E-Tech. On peut ajouter le démarrage difficile du Renault Kangoo (contré par le Renault Express) heureusement aidé par les Nissan Townstar et Mercedes Citan / T Class.
3. Chez Smart, la fin de vie de la génération actuelle de la Fortwo et le modeste succès de l’Ineos Grenadier.
4. Chez Toyota, le transfert de la Yaris vers la Tchéquie est heureusement largement compensé par le succès de la Yaris Cross qui consolide sa position de voiture la plus produite en France. Grâce à ce succès, l’usine Toyota d’Onnaing consolide sa place de première usine d’assemblage en France, avec un volume de 273 788 véhicules produits en 2023 contre 255 584 en 2022.
On ne voit pas comment cette position pourrait être remise en cause en 2024.
 
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