La production de voitures particulières en Hongrie a dépassé la production polonaise
D’abord pays producteur de moteurs, la Hongrie a commencé la production automobile en 1991 avec l’implantation du japonais Suzuki. Au cours des années suivantes, les constructeurs Premium allemands Audi puis Mercedes ont débuté la production automobile dans ce pays, délocalisant une partie de leur production d’Allemagne vers la Hongrie. BMW est également en train d’y construire une usine. Et le chinois BYD, l’un des plus grands producteurs de voitures 100% électriques et hybrides rechargeables au niveau mondial, a annoncé récemment qu’il allait y construire une usine d’assemblage.
 
La production automobile hongroise a donc le vent en poupe et s’est substituée à la Pologne concernant l’implantations d’usines de voitures particulières.
 
Aujourd’hui, la production automobile hongroise a réussi à supplanter la production polonaise en terme de volume, puisqu’en 2023, la Hongrie a fabriqué près de 500 000 voitures particulières (Audi, Mercedes, Suzuki) soit deux fois plus que la Pologne (250 000 unités).
 
La Pologne rattrape son retard sur la Hongrie en produisant des véhicules utilitaires légers (environ 250 000 unités) alors que la Hongrie n’en fabrique pas. Il n’en demeure pas moins que la Hongrie attire de plus en plus de constructeurs dans la mesure où la Tchéquie et la Slovaquie ont fait carton plein au début des années 2000, en attirant vers elles plusieurs grands constructeurs automobiles, mais connaissent désormais une saturation en terme d’implantations d’usines. Ces implantations se sont désormais déplacées vers la Hongrie.
La production de véhicules particuliers en Pologne revient au niveau des années 70
La production automobile polonaise a progressé tout au long des années 50, sous la direction du parti communiste qui a dirigé la Pologne jusqu’en 1989. Le constructeur italien Fiat s’était implanté dans ce pays dès les années 20. C’est ce constructeur qui permit à la Pologne de s’équiper en automobiles, bien plus tôt que l’Espagne par exemple. La production automobile polonaise passa progressivement à 400 000 voitures particulières en 1980 et jusqu’à 465 000 en 1989, principalement des Fiat. Une période de transition s’instaure alors jusqu’en 1996, revenant alors à 400 000 voitures particulières produites sur le sol polonais.
 
La production automobile polonaise étant largement tributaire de l’évolution locale des productions Fiat, l’arrêt de la Cinquecento provoque un effondrement de la production, passant de 500 000 voitures particulières en 1999 à moins de 300 000 en 2003.
 
La localisation de la Fiat Panda en Pologne en 2003 puis de la Fiat 500 en 2007 a toutefois relancé la production polonaise de manière spectaculaire : le pic de production fut atteint en 2009, avec 950 000 voitures particulières produites dont 300 000 Fiat Panda et 200 000 Fiat 500. Le reste se répartit principalement en 125 000 Opel Astra et 110 000 Ford Ka.
 
Les années suivantes ont été très médiocres pour la production automobile polonaise. La relocalisation de la Fiat Panda en Italie, le déclin de Ford et Opel, ainsi que l’arrêt des Daewoo et des Chevrolet, ont fait chuter la production polonaise jusqu’à 200 000 voitures particulières en 2022. En 2023, celle-ci est légèrement remontée à 250 000 unités. Aucune compensation pour la Pologne qui a vu les projets de constructions d’usines se multiplier en Tchéquie, en Slovaquie et en Hongrie. L’avenir repose sur la décision de Stellantis (propriétaire des usines de Tichy et de Gliwice) de rester en Pologne ou pas.
La production de véhicules particuliers au Royaume-Uni s’est effondrée après le Brexit
La production automobile britannique a été la première en Europe en volume entre 1945 et 1955, grâce au nombre important de marques locales et au vaste marché du Commonwealth sur lequel étaient destinés les modèles produits en Grande-Bretagne, les importations étant alors très faibles, comme dans tous les autres pays européens qui eux ne disposaient pas d’un marché aussi vaste.
 
La création du groupe BMC en 1952 (né de la fusion d’Austin et de Morris) puis celle du groupe BLMC en 1968 (né de la fusion de BMC avec Leyland Rover-Triumph) ont aidé l’industrie automobile britannique à rester compétitive pendant plusieurs années, jusqu’en 1972, date du pic de production (1 921 000 voitures particulières).
 
Malheureusement, la mauvaise gestion du groupe BLMC et le développement des mouvements sociaux dans ses usines entraînèrent une chute de la production du premier constructeur britannique contraint d’être nationalisé en 1975 afin d’éviter une faillite pure et simple. La production automobile britannique tomba à 900 000 unités par an au début des années 80.
 
Elle remonta la pente grâce à l’arrivée des constructeurs japonais (Honda, Nissan, Toyota) dans la seconde partie des années 80 et une relance du groupe Austin-Rover, héritier de l’ancien groupe BLMC. La production britannique atteint de nouveau 1,8 million de voitures particulières en 1999. Elle chuta de nouveau en 2009, à 900 000 unités avant de reprendre son rythme normal de 2010 à 2016, où elle atteignit 1,7 million d’unités. Après 2016, année du vote en faveur du Brexit, la production britannique retomba progressivement à 900 000 unités en 2020. Elle reste stable à ce niveau bas de 2020 à 2023. Honda a fermé son usine en 2021.
La production de voitures particulières en Espagne est la seconde d’Europe depuis 2010
La production automobile espagnole a démarré beaucoup plus tard que la production française, allemande, britannique ou italienne. L’Espagne était en effet jusqu’au début des années 60 un pays extrêmement pauvre comparé aux autres grands pays européens, en outre encore très affecté par la guerre civile qui fit un million de morts entre 1936 et 1939.
 
Les premiers grands constructeurs automobiles (Fiat, Renault, Citroën) s’implantèrent en Espagne entre 1953 et 1958, mais il faudra attendre que le pays entre dans le Marché Commun le 1er janvier 1986 (rebaptisé Union européenne en 1993) pour que l’Espagne devienne un pays comparable aux autres grands pays européens. Cette adhésion a permis à l’Espagne de participer pleinement au marché commun européen, favorisant les échanges commerciaux et contribuant au relèvement du niveau de vie des Espagnols grâce aux fonds de cohésion.
 
La production automobile espagnole est ainsi passée de 1 million de voitures particulières en 1980 à 2 millions en 1995 et 2,5 millions en l’an 2000. Cette croissance spectaculaire est due non seulement à la demande intérieure mais aussi et surtout aux exportations, aidées par les délocalisations de production en France et en Allemagne vers l’Espagne, pays qui bénéficiait alors d’un coût de main d’œuvre bien plus faible.
 
L’Espagne est devenue progressivement le deuxième producteur automobile européen en 2010, derrière l’Allemagne et devant la France. En 2023, l’Espagne produit deux fois plus de voitures particulières que la France (1,85 million d’unités contre 950 000) mais deux fois moins que l’Allemagne.
La production de véhicules particuliers en Allemagne reste la première d’Europe
La production automobile allemande concernant les voitures particulières (berlines, breaks, coupés, cabriolets, SUV, monospaces) est devenue dès 1956 la plus importante du continent et elle n’a cessé de l’être jusqu’à aujourd’hui. Le miracle allemand dans l’automobile a principalement reposé dans les années 50 sur le succès de la Volkswagen Coccinelle vendue en grande quantité dans son pays natal mais également aux Etats-Unis où elle demeura longtemps le modèle le plus importé.
 
La croissance de l’industrie automobile allemande fut aussi le fait des autres marques qui n’ont cessé de progresser en Europe ou aux Etats-Unis comme Mercedes, BMW, Audi et Porsche. Mis à part le choc pétrolier de 1973-1974, la croissance de la production allemande fut pratiquement ininterrompue jusqu’en 2011, soit beaucoup plus tard qu’en France ou en Italie. Le pic de production fut atteint en 2011 avec 5,7 millions d’unités et s’est stabilisée jusqu’en 2014.
 
Cette croissance ininterrompue est à mettre à l’actif du succès des modèles Mercedes, BMW, Audi et Porsche, mais aussi à la réussite de Volkswagen qui est passé de la Coccinelle à une large gamme de nouveaux modèles à traction avant (Polo, Golf, Passat).
 
La chute de la production observée entre 2015 et 2021 n’en est que plus marquante et spectaculaire, le volume de voitures particulières fabriquées passant en six ans de 5,6 millions à 3,0 millions d’unités.
 
L’explication de cette chute brutale tient au fait de l’insuccès de certains nouveaux modèles, de la délocalisation de modèles vers l’Amérique du Nord, la Chine, l’Est et le Sud de l’Europe. On peut ajouter le retrait progressif d’Allemagne d’Opel et de Ford.
 
En 2023, le volume de la production automobile allemande est remonté  à 4 millions de voitures particulières.
 
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