BYD va commercialiser et produire la Dolphin Surf (Seagull) en Europe
Comme on l’a vu récemment dans notre Auto Analyse n°10, BYD est devenu en peu de temps le premier constructeur chinois (toutes motorisations confondues), devançant même les anciens leaders de la production en Chine, comme le groupe Volkswagen (associé à SAIC et FAW) et GM (associé à SAIC). BYD a profité de l’électrification du parc automobile chinois, en proposant des véhicules 100% électriques (BEV) et hybrides rechargeables (PHEV) à parts à peu près égales. Aujourd’hui, la gamme BYD se compose d’une vingtaine de modèles différents, dont le modèle d’entrée de gamme est la berline Seagull (segment B) 100% électrique qui rencontre un franc succès en Chine, puisqu’il s’en est produit 479 294 unités en 2024 contre 281 838 en 2023. Le modèle y est fabriqué sur les sites de Xi’an (Shaanxi) et Changzhou (Jiangsu).
 
BYD a annoncé qu’il allait produire et commercialiser ce modèle en Europe dès cette année, à un prix proche de 20 000 euros, alors même que sa version de base est commercialisée en Chine à 56 800 yuans, soit moins de 7 000 Euros. Toutefois, le prix de 20 000 Euros est en Europe plutôt un tarif du segment inférieur (segment A). La Seagull 100% électrique adaptée au marché européen et fabriquée dans l’usine BYD de Szeged en Hongrie, est rebaptisée Dolphin Surf (il existe déjà un modèle Dolphin de segment C 100% électrique dans la gamme BYD, ce qui peut créer une confusion). En Amérique latine, le même modèle s’appelle Dolphin Mini et est importé de Chine.
 
La BYD Dolphin Surf longue de 3,99 m entrera en concurrence avec les citadines 100% électriques les moins chères vendues en Europe comme la Leapmotor T03, la Dacia Spring, la Renault Twingo E-Tech ou la Volkswagen ID1, toutes de segment A. Sa batterie LFP offre une capacité de 45 kWh autorisant une autonomie de 340 km selon le cycle WLTP, alors que la Seagull chinoise est dotée de batteries LFP moins puissantes, de 30 kWh et 43 kWh autorisant une autonomie de 220 km et 320 km.
Inovev prévoit 20 000 unités par an de la nouvelle Nissan Micra EV
Nissan a dévoilé la sixième génération de la Micra qui devient une berline 100% électrique sans possibilité d’être dotée d’un moteur thermique ou hybride, sauf au Mexique où l’ancienne version thermique continuera à être produite. La nouvelle Micra 100% électrique est dérivée de la Renault 5 E-Tech, aux côtés de laquelle elle est produite (usine de Douai). Elle sera d’ailleurs uniquement produite en France, contrairement aux anciennes Micra.
 
La nouvelle Micra adopte la plateforme AmpR Small (ex-CMF-B EV) de la Renault 5 E-Tech ainsi qu’une bonne partie de sa carrosserie et de son intérieur, les modifications esthétiques dues au centre Nissan Design Europe en Angleterre étant concentrées sur les parties extérieures avant et arrière.
 
Du coup, la Micra qui mesure 3,97 m est plus longue que la R5 E-Tech de 5 cm, avec un empattement identique de 2,54 m. Les motorisations sont reprises de la Renault : une version 120 ch (88 kW) associée à une batterie NMC de 40 kWh autorisant une autonomie de 300 km selon le cycle WLTP et une version 150 ch (110 kW) associée à une batterie NMC de 52 kWh, autorisant une autonomie de 400 km selon le cycle WLTP. Le poids de la voiture (de 1 400 kg à 1 524 kg) est comparable à celui de la R5 E-Tech. Nissan envisagerait de lancer plus tard une version Nismo plus sportive, qui serait le pendant de l’Alpine A290.
 
La Micra sera vendue un peu plus cher que la R5 E-Tech, soit à partir de 29 000 euros (28 000 euros pour la R5 de base). Elle entrera en concurrence avec les Renault 5 E-Tech, Citroën e-C3, Peugeot e-208, Opel e-Corsa, Jeep Avenger, Mini Aceman, Fiat 600 e, Lancia Ypsilon et BYD Dolphin Surf. Inovev prévoit 20 000 ventes par an de la Nissan Micra EV.
L’Allemagne produit 4 fois plus de voitures que la France
L’Allemagne est le pays européen qui produit le plus de véhicules (VP+VU) depuis 1956, après avoir supplanté la Grande-Bretagne qui avait été leader en la matière depuis 1945. La France est devenue le second pays producteur européen en 1969, après avoir supplanté à son tour la Grande-Bretagne. Elle le demeurera jusqu’en 2009, date à laquelle l’Espagne la dépassa.
 
France:
• La France a commencé à délocaliser une partie de sa production à partir du début des années 2000, d’abord en Espagne et au Portugal, puis dans les pays de l’Est de l’Europe, comme la Tchéquie, la Slovaquie ou la Slovénie.
• Son volume de production est passé progressivement de 3,5 millions de véhicules (VP+VU) par an à 2,0 millions en 2009. Aujourd’hui, il tourne autour de 1,5 million de véhicules par an.
• Si l’on prend en compte uniquement les voitures particulières (VP), la production en France se situe depuis 2020 en deçà du million d’unités.
 
Allemagne:
• L’Allemagne a commencé à délocaliser une douzaine d’années plus tard que la France, d’abord en Espagne et au Portugal, puis dans les pays de l’Est de l’Europe, comme la Tchéquie, la Slovaquie, la Pologne ou la Hongrie.
• Son volume de production est passé progressivement de 6,0 millions de véhicules (VP+VU) par an à 3,5 millions en 2021. En 2024, ce volume a rebondi à 4,5 millions d’unités, soit trois fois plus que la France.
• Si l’on prend en compte uniquement les voitures particulières (VP), la production en Allemagne atteint 4 millions d’unités en 2024.
 
En conclusion, l’Allemagne produit aujourd’hui 4 fois plus de VP que la France et 3 fois plus de VP+VU que la France.
Inovev prévoit 1 000 000 unités par an du nouveau SUV Toyota RAV4
Toyota a dévoilé la nouvelle génération de son SUV de milieu de gamme, le RAV4, qui est l’un des modèles les plus vendus dans le monde, avec plus d’un million de ventes en 2024. La diffusion du Toyota RAV4 n’a cessé de se développer dans le monde depuis le début des années 2000, ses ventes mondiales étant passées de 224 000 unités en 2001 à 400 000 en 2007, 600 000 en 2013, 800 000 en 2017 et 1 000 000 en 2023.
 
Le modèle n’a cessé de rencontrer un succès croissant en raison de la forte augmentation des ventes de SUV partout dans le monde et des qualités intrinsèques du modèle Toyota (qualité de fabrication, véritables capacités tout-terrain, motorisation hybride). Ce modèle est devenu rapidement le SUV le plus vendu dans le monde avant d’être rattrapé par le Tesla Model Y, un SUV 100% électrique.
 
Le nouveau Toyota RAV4 va tenter de poursuivre le succès des anciennes générations du modèle. Le nouveau RAV4 conserve des proportions très similaires à celles de l‘ancien RAV4 (longueur : 4,62 m contre 4,60 m, largeur : 1,88 m contre 1,86 m, hauteur : 1,69 m contre 1,69 m). Reposant sur une version révisée de la plateforme TNGA G-AK du précédent RAV4, le nouveau modèle est doté d’un moteur full-hybride (F-HEV) 2.5 essence de 183 ch/191 ch ou hybride rechargeable (PHEV) de 304 ch sur les deux versions traction avant ou quatre roues motrices. Le RAV4 hybride rechargeable est pour la première fois équipé de la traction avant et d'une batterie plus puissante de 22,6 kWh (contre 18,1 kWh auparavant), offrant une autonomie jusqu'à 100 km en mode électrique, soit 29 km de plus que l'ancien RAV4 PHEV. Inovev prévoit 1 000 000 de ventes par an du nouveau RAV4 fabriqué à la fois au Japon, au Canada, en Chine et aux USA.
Stellantis : nouveau plan d’action, nouveau président
Au cours des dernières années, sous la direction de son président Carlos Tavares, le groupe Stellantis a développé une stratégie privilégiant la mise sur le marché de véhicules à forte valeur ajoutée et forte marge, au détriment de véhicules moins chers et plus abordables.
 
Cette stratégie a certes permis au groupe automobile d’engranger des profits substantiels à court terme. Mais elle se heurte aujourd’hui à des difficultés importantes, liées principalement à une baisse des volumes et à la surcapacité correspondante des usines :
• Les ventes du groupe ont chuté de 12% en 2024 et encore de 10% sur les quatre premiers mois de 2025.
• Les usines du groupe tournent au ralenti et la plupart souffrent d’importantes surcapacités, la direction du groupe Stellantis ayant eu pour politique de ne fermer aucune usine.
• En outre, certaines marques du groupe réalisent de sévères contre-performances, comme DS (-26,8% par rapport aux 5 premiers mois 2024), Abarth   (-32,5%), Lancia (-71,1%), Maserati (-31,6%) ou Dodge (-46,3%) menaçant même leur survie à court terme.
 
Compte tenu de ces éléments, le groupe Stellantis sera très probablement amené à mettre en place une politique en rupture avec celle des années précédentes, aidé pour ce faire par l’arrivée d’un nouveau directeur général, Antonio Filosa (qui a une expérience tout à la fois européenne et américaine).
 
L’objectif sera probablement d’adapter l’outil industriel du groupe par rapport aux ventes réelles, et si possible retrouver du volume. Il pourrait en résulter des fermetures d’usines et des suppressions de marques, ce qui impliquerait l’abandon de certains projets déjà en cours d’élaboration. D’un autre côté, Stellantis pourrait relancer les moteurs thermiques et hybrides, et renoncer à une gamme entièrement 100% électrique, avec l’espoir d’un report de l’échéance 2035 concernant le thermique.
 
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