Les ventes de PHEV au niveau mondial sur 9 mois 2024 : BYD fortement dominant
Sur un total mondial de 4 291 818 véhicules hybrides rechargeables (PC+LUV) vendus sur les 9 premiers mois de 2024 (7,5% du marché toutes motorisations confondues), BYD reste le premier constructeur de PHEV (1 475 196 unités sur les 9 premiers mois de 2024) qui représente à lui seul 34% de la production mondiale de PHEV. Aujourd’hui, BYD produit plus de PHEV (53%) que de BEV (47%). Les autres constructeurs sont largement distancés.
 
Parmi les 20 premiers constructeurs mondiaux de PHEV, on compte 11 constructeurs chinois, 4 constructeurs européens (si l’on considère Stellantis comme un constructeur européen), 2 constructeurs américains, 1 constructeur japonais, 1 constructeur coréen et 1 constructeur indien. Les 5 premières places du Top 20 sont occupées par des constructeurs chinois: BYD, Geely, Li Auto, Seres et Changan. D’abord d’origine européenne, la technologie PHEV est devenue progressivement une spécialité chinoise. Elle permet de verdir le parc automobile chinois, souhait du gouvernement local, au même titre que les BEV, le volume de PHEV vendus en Chine représentant aujourd’hui près des trois quart du volume de BEV vendus en Chine.
 
Une analyse par modèles montre que BYD place neuf de ses modèles dans le Top 20 mondial des PHEV sur les 9 premiers mois de 2024, dont le SUV Song Plus (appelé Seal U en Europe) reste le plus vendu (284 702 unités sur la période, représentant 7% du marché mondial des PHEV). Ce modèle devance les BYD Qin Plus (216 116 unités), BYD Chaser 05 (195 828 unités) et BYD Song Pro (185 401 unités). Au total, les modèles chinois occupent 19 places dans le Top 20 des PHEV. Le SUV Volvo XC60 est le seul modèle européen figurant dans ce Top 20 (en 14e place), quoiqu’il s’agit d’un modèle d’une marque appartenant à un groupe chinois (Geely).
Les ventes de BEV au niveau mondial sur 9 mois 2024: Tesla toujours leader
Sur un total mondial de 7 488 144 véhicules 100% électriques (PC+LUV) vendus sur les 9 premiers mois de 2024 (12,5% du marché toutes motorisations confondues), Tesla reste le premier constructeur de BEV (1 469 383 unités sur les 9 premiers mois de 2024), devant BYD (1 296 090 unités). La différence marquante entre les deux constructeurs est que Tesla ne produit que des véhicules 100% électriques alors que BYD produit aussi des hybrides rechargeables (PHEV), ce qui lui permet de dépasser Tesla au niveau mondial si l’on cumule tous les types de motorisation. Tesla et BYD représentent à eux seuls près de 37% des ventes mondiales de BEV, dont 19,6% pour Tesla et 17,3% pour BYD.
 
Les autres constructeurs sont largement distancés. En troisième position, le groupe Geely – grâce à un ensemble de marques dédiées à la production de BEV – a vendu 545 547 BEV sur les 9 premiers mois de 2024 (7,3% du marché des BEV), devançant les groupes VW (491 243 unités, 6,6%), GM (455 489 unités, 6,1%), Hyundai-Kia (292 988 unités, 3,9%) et BMW (271 447 unités, 3,6%). Parmi les 20 premiers constructeurs de BEV, on dénombre 10 constructeurs chinois, 5 constructeurs européens (si l’on considère Stellantis comme un constructeur européen), 3 constructeurs américains, 1 constructeur japonais et 1 constructeur coréen.
 
Une analyse par modèles montre que les Tesla Model Y et Model 3 trustent les deux premières places du classement mondial des BEV. La Model Y atteint 893 000 unités sur les 9 premiers mois de 2024 (11,9% du marché mondial des BEV) et la Model 3 près de 510 000 unités (6,8% du marché). Les deux Tesla sont suivies de loin par trois BYD : la BYD Seagull (312 000 unités), la BYD Atto3 (252 000 unités) et la BYD Dolphin (168 000 unités). Derrière, la VW ID4 (122 000 unités) supplante la Wuling Bingo (117 000 unités) et la Wuling Mini EV (112 000 unités) qui résiste. Parmi les 20 BEV les plus vendus dans le monde, on compte 15 modèles chinois dont 7 BYD. Le premier modèle européen est la VW ID4 (6e place) qui devance les VW ID3 (11e place) et Audi Q4 (20e place).
Faut-il créer des quotas de BEV par pays ou des quotas par segment pour 2035 en Europe ?
Au rythme actuel du développement des ventes de BEV en Europe, l’objectif de la Commission européenne d’immatriculer 100% de BEV sur le continent européen à l’horizon 2035 paraît hors d’atteinte. En plus de la création d’un nouveau segment A/A+ à moteur thermique, ne faudrait-il pas créer des quotas par pays ou des quotas par segment ?
 
Quotas par pays : Etant donné que sur les 27 pays de l’Union européenne, moins de la moitié (12 pays) ont un taux de BEV dans les ventes de voitures neuves supérieur à 12% en 2024, les autres (15 pays), situés dans l’Est et le Sud de l’Europe ont un taux de BEV dans les ventes de voitures neuves inférieur à 8% et qui ne dépasse pas 3 ou 4% dans certains pays comme l’Italie, la Pologne, la Tchéquie, la Slovaquie ou la Bulgarie. L’objectif de 100% de BEV en 2035 sera encore plus difficile à atteindre pour ces 15 pays. Ne serait-il pas plus réaliste de créer par exemple un quota de 100% de BEV en 2035 pour les 12 pays où le taux de BEV est actuellement supérieur à 12% et un quota de 50% de BEV en 2035 pour les 15 pays où le taux de BEV est actuellement inférieur à 8% ?
 
Quotas par segment : Etant donné que les segments de marché des voitures neuves vendues dans l’Union européenne connaissent des taux d’électrification différents et très faibles dans les segments inférieurs, ne serait-il pas plus réaliste de créer par exemple des quotas d’électrification spécifiques pour chaque segment en 2035, par exemple 100% pour les voitures des segments D et E, 65% pour les voitures du segment C, 50% pour les voitures du segment B et 25% pour les voitures du segment A ? Ces quotas permettraient de répondre en 2035 à une demande de véhicules moins chers (thermiques et de segment inférieur) et peu émetteurs de CO2.
 
Ces propositions de quotas par pays ou segment sont des exemples et ont pour objectif d’amener à une réflexion sur le sujet. Les pourcentages doivent naturellement être étudiées plus en profondeur pour être les plus réalistes possibles.
Part de marché des BEV en Europe (30 pays) sur 9 mois 2024
 
Faut-il recréer un nouveau segment A/A+ à motorisation thermique et le maintenir au delà de 2035 en Europe ?
Au rythme actuel du développement des ventes de BEV en Europe (13% des ventes en Allemagne sur les 9 premiers mois de 2024, 17% en France, 18% en Grande-Bretagne, 5% en Espagne, 4% en Italie et moins de 4% en moyenne dans l’Est de l’Europe), la cible, fixée par le règlement européen 2023/851 du 19/4/2023, de réduire de 100% à partir de 2035 les émissions de COdes voitures neuves par rapport à leur niveau de 2021 (et donc de fait d’immatriculer pratiquement 100% de BEV) parait très difficilement réalisable.
 
Faut-il alors être réaliste et recréer un segment A/A+ thermique qui sera autorisé au-delà de 2035 (A+ = partie inférieure du segment B)? Les constructeurs automobiles européens ont délaissé le segment A, non profitable (il est passé de 10% du marché à 5% en quelques années). Sur le segment B, les constructeurs développent de nouveaux véhicules électriques. Mais ceux-ci sont beaucoup plus chers que les véhicules thermiques. Il risque donc, avec une électrification à marche forcée, de voir une demande de véhicules A/B à prix abordable non satisfaite. Ce nouveau segment A/A+ pourrait être à l’image des Kei Cars japonaises qui représentent aujourd’hui le tier du marché automobile japonais.
 
En 2024, pour ce qui concerne les voitures neuves à motorisation thermique (essence ou diesel), le segment B est le plus populaire en Europe et accroît même son influence avec 49% du marché contre 47% l’an dernier. Le segment C représente quant à lui 35% du marché contre 36% en 2023. Ces deux segments de marché représentent donc 84% du marché européen en 2024 contre 83% en 2023. Les segments D, A, E et F ne représentent que 16% du marché européen en 2024 contre 17% en 2023.
 
En ce qui concerne les voitures neuves à motorisation 100% électrique, la répartition par segment est complètement différente, puisque les segments C et D dominent ce marché, avec 70% des ventes (dont 37% pour le segment C et 33% pour le segment D). Le segment B est peu représenté mais en progrès (17% en 2024 contre 14% en 2023). Le segment A est pratiquement en voie d’extinction (4% en 2024 contre 9% en 2023).
 
Voir aussi analyse suivante : faut il créer des quotas par pays et par segment?
 
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