Inovev prévoit 100 000 unités par an de la nouvelle Volvo EX30
Le constructeur Volvo (de base suédois, aujourd’hui filiale du groupe chinois Geely) vient de présenter son nouveau SUV de segment B, 100% électrique, l’EX30, qui partage sa plateforme avec la Smart 01. Ce modèle élargit vers le bas la gamme de Volvo.
Il 
est en quelque sorte l’héritier lointain de la Volvo C30 de segment B (2006-2013). Cet élargissement de gamme tombe à pic dans la mesure où le constructeur a subi une baisse de 13% de ses ventes en 2022, passant de 652 000 unités en 2021 à 569 000 unités l’an dernier, volume qui est très éloigné des objectifs du constructeur fixés à 1 million de ventes en 2030.
 
Le nouveau SUV EX30 entre en concurrence avec les versions électriques des SUV de segment B comme les Peugeot 2008, Opel Mokka, Hyundai Kona, Kia Soul et bien sûr Smart 01 sur laquelle est basée la Volvo EX30. Cette catégorie devrait s’enrichir de nouveaux modèles en 2023-2024, comme les futures Mini Countryman et Aceman 100% électriques, ainsi que le futur petit SUV Skoda 100% électrique. La future Renault 4 100% électrique pourrait aussi être une concurrente de la Volvo EX30.
 
Le nouveau SUV Volvo mesure 4,23 m de long, 1,84 m de large et 1,55 m de haut. Son poids atteint 1 830 kilos pour la version à deux roues motrices (poids de la C30 : 1 350 kilos) et 1 965 kilos pour la version à quatre roues motrices. La batterie offre une capacité de 51 kWh ou 69 kWh au choix, la plus puissante étant de série sur la version à quatre roues motrices. Le prix devrait se situer entre 37 500 et 50 000 euros selon la version. A noter que ce modèle sera produit en Chine (aux côtés de la Smart 01), dans l’usine Geely de Ningbo (au sud de Shanghai). Inovev table sur 100 000 ventes par an de ce nouveau petit SUV Volvo.
Inovev prévoit 50 000 unités par an de la nouvelle Lexus LBX
Alors que la plupart des constructeurs automobiles préfèrent se lancer dans la fabrication de modèles de plus en plus gros et de plus en plus chers, en vue de profits plus élevés, Lexus se lance dans la fabrication d’un SUV de segment B, situé dans la gamme du constructeur sous les SUV UX (segment C), NX (segment D) et RX (segment E). Le modèle LBX est lancé dans un contexte de baisse des ventes de Lexus de 18% en 2022.
 
La plateforme du LBX provient de la Toyota Yaris Cross mais modifiée d’après le constructeur pour donner plus de confort, une spécificité de la marque Lexus (filiale luxe de Toyota). Le modèle s’attaque aux SUV Premium de segment B, comme les DS3 Crossback, Audi Q2 or Mini Countryman.
 
La LBX est équipée d’un moteur thermique hybride (trois cylindres essence de 1,5 litre) de 134 ch, soit 18 ch de plus que la Yaris Cross. Elle ne s’attaque donc pas à la nouvelle Smart 01, qui pour sa part est 100% électrique. La version à traction avant sera complétée l’an prochain par une version à transmission aux quatre roues.
 
C’est la première fois qu’une marque Premium japonaise s’attaque au segment B, et en Europe les exemples de ce type sont rares. Cette stratégie demeure risquée, surtout si l’on tient compte du fait que la LBX n’est pas proposée en version 100% électrique, comme les nouvelles Smart 01 ou Volvo EX30. Inovev prévoit 50 000 unités par an de ce nouveau modèle Lexus dont le prix sera l’un des plus élevés des SUV de segment B sur le marché.
Ford Fiesta et Opel Corsa : deux stratégies totalement opposées
Les marques Ford et Opel ont eu des stratégies totalement opposées concernant leur berline de segment B,  la Ford Fiesta et l’Opel Corsa. Lorsqu’ils étaient sous la tutelle des constructeurs américains Ford et GM, ces deux modèles ont vu leur influence se réduire progressivement entre 2007 et 2017, passant chacun de 450 000 / 500 000 ventes par an à 250 000 / 300 000 en 2017.
 
Lorsque GM a cédé sa filiale Opel à PSA en 2017, le constructeur français a aussitôt conçu une nouvelle Corsa sur la base de la Peugeot 208 et la Corsa a pu stabiliser ses ventes à 200 000 / 250 000 unités par an. Alors que dans le cas de la Fiesta, les ventes ont continué à décroître entre 2017 et 2023. Et sa production a cessé en juillet 2023.
 
La stratégie de Ford a donc été d’abandonner définitivement la catégorie des berlines de segment B jugée non rentable, alors qu’Opel (sous le contrôle de PSA puis de Stellantis) a choisi au contraire de continuer à commercialiser ce type de modèle, sans doute grâce au partage de sa plateforme et de certains éléments de carrosserie avec la Peugeot 208 (mais aussi des SUVs du groupe) qui représente 250 000 / 300 000 ventes par an.
Le
résultat de ces stratégies divergentes a eu sans doute pour conséquence qu’une partie des clients de la Ford Fiesta s’est reportée vers l’Opel Corsa à partir de 2019, car les deux modèles s’adressent au même public.
 
Le lancement des SUV de segment B Ford Puma et Opel Mokka n’a en effet que faiblement compensé la chute des ventes des Ford Fiesta (entre 2019 et 2023) et des Opel Corsa (entre 2014 et 2017). Le Ford Puma plafonne à 150 000 unités par an et l’Opel Mokka à 100 000 unités par an. C’est beaucoup moins bien que le Peugeot 2008 qui enregistre 200 000 ventes par an.
Tesla va construire une nouvelle usine au Mexique
Après l’usine de Fremont (USA), de Shanghai (Chine), d’Austin (USA) et de Berlin (Europe), le constructeur californien de voitures électriques Tesla va ouvrir une nouvelle usine au Mexique. Ce sera le cinquième site de production de voitures Tesla, le troisième situé hors des Etats-Unis et le premier situé en Amérique latine.
 
Cette usine sera située à Monterrey dans le nord du Mexique, à 200 kilomètres de la frontière avec les Etats-Unis. Elle permettra d’approvisionner les marchés américain, canadien, ainsi que mexicain et d’Amérique du Sud, si le développement des EV se produit.
 
Pour l’heure aucune annonce de l’année de lancement de production n’a été faite mais il a été annoncé que les véhicules de nouvelles générations y seraient produits. Tesla vise une production de 20 millions de voitures par an en 2030 (production deux fois plus importante que celle de Toyota aujourd’hui et comparable à la production actuelle de la Chine). Cela suppose donc une croissance des ventes de 50% par an d’aujourd’hui à cet horizon et la construction de 10 à 12 usines supplémentaires selon Elon Musk, fondateur et patron de TeslaA noter que Tesla ne prévoit d’élargir fortement le nombre de nouveaux modèles pour atteindre cet objectif.
 
Le choix du Mexique est opportun : les voitures électriques qui y seront fabriquées et livrées aux Etats-Unis bénéficieront des subventions accordées par l’Administration américaine dans le cadre de l’IRA (Inflation Reduction Act) destiné à encourager la production de voitures électriques en Amérique du Nord. Tous les constructeurs implantés dans le pays bénéficient depuis de longues années d’un accord de libre-échange avec les Etats-Unis, en tant que membres de l’ALENA. En outre, le Mexique dispose dans le nord du pays de potentiels gisements de lithium, matériaux critique pour la fabrication de batteries.
L’Union européenne reste le premier exportateur mondial de véhicules
D’après l’ACEA, l’Union européenne a exporté 5,5 millions d’automobiles en 2022. Malgré la forte croissance des exports depuis la Chine (voir ci-dessous),  l’Union Européenne reste, et ce de manière significative, le premier exportateur mondial de véhicules automobiles. Il est possible toutefois de se demander s’il ne s’agit pas d’une illusion d’optique due à un effet Brexit (car les véhicules envoyés au Royaume-Uni sont considérés comme des exports). En fait il n’en est rien. En effet sur les 5,5 millions exportés par l’Union Européenne, un peu plus de 1 million ont pour destination le Royaume Uni qui ne fait plus partie de l’Union Européenne. Si nous les soustrayons, les exports de l’Union Européenne restent, à environ 4 millions d’unités, loin devant la Chine et le Japon. Une autre analyse consiste à raisonner Europe au sens plus large, en prenant en compte l’ancien périmètre de l’Union Européenne (UE actuelle + Royaume Uni). Dans ce cas l’entité reste aussi le plus grand exportateur mondial, avec 4,65 millions d’automobiles exportés en 2022 (= exports UE + exports du Royaume Uni hors UE).
 
Les exportations d’automobiles de la Chine qui étaient stables entre 2010 et 2020 ont, quant à elles, fait un bond à partir de 2021, en raison d’une part de la volonté de plusieurs constructeurs chinois de se développer sur le marché européen (200 000 ventes en Europe en 2022 contre 85 000 en 2021 et 36 000 en 2020) et d’autre part de la décision de fabriquer en Chine des modèles européens ou américains exportés dans le monde entier, et enfin des conséquences du départ des constructeurs européens et américains de la Russie qui a ouvert un boulevard aux constructeurs chinois (125 000 ventes en Russie en 2022 contre 115 000 en 2021 et 57 000 en 2020). Le volume des exportations d’automobiles de la Chine est ainsi passé de 450 000 unités en 2015 à 760 000 en 2020, 1 614 000 en 2021 et 2 529 000 en 2022. D’après les chiffres du premier quadrimestre 2023 (1 142 000 unités), il faut s’attendre à près de 3,5 millions d’automobiles exportées de Chine sur l’ensemble de cette année.
 
Comparé au Japon, un des premiers exportateurs automobiles mondiaux, la Chine est restée derrière jusqu’en 2022. Au premier quadrimestre 2023, la Chine talonne le Japon (1 167 000 unités).
 
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