Objectif de 400 000 véhicules produits par Renault à Douai en 2030 – Difficilement atteignable
L’usine Renault de Douai (Hauts de France) est désormais dédiée à la fabrication de véhicules 100% électriques.
 
Renault a annoncé il y a deux ans un objectif ambitieux de 400 000 voitures électriques produites en 2030 sur ce site de Douai. Le programme de fabrication incluait alors la Renault Mégane E-Tech, le Renault Scénic E-Tech, ainsi que les futures Renault 5 E-Tech, Alpine A290 et Nissan Micra EV, ces deux derniers modèles étant des dérivés de la Renault 5 E-Tech.
 
En 2024, l’usine de Douai a produit 89 921 voitures électriques (contre 50 781 en 2023) dont 30 260 Mégane E-Tech, 34 282 Scénic E-Tech et 25 379 R5 E-Tech. De 2023 à , la production a augmenté de 40 000 unités.
 
A ce rythme, soit 40 000 unités de plus fabriquées chaque année, on devrait s’approcher des 330 000 unités produites en 2030, soit un chiffre inférieur mais relativement proche de l’objectif des 400 000 unités produites.
 
Mais un tel rythme de croissance est il soutenable? En fait il semble difficile à faire perdurer. Les Mégane et Scénic ne devraient pas progresser fortement après 2025. Et une seule nouveauté est prévue en 2026 pour booster la production de Douai : la Nissan Micra EV. La Renault 5 E-Tech aura donc pour mission de faire le plein pour saturer l’activité de l’usine. Compte tenu de ces éléments, Inovev table sur seulement  200 000 voitures produites à Douai (tous modèles confondus) en 2030, soit la moitié des objectifs annoncés.
Le groupe Toyota présente les Toyota BZ7 et Lexus ES

Toyota et Lexus ont présenté leurs nouvelles berlines de segment E appelées Toyota BZ7 et Lexus ES. Elles seront disponibles dès 2025 sur le marché chinois et en 2026 sur les autres marchés mondiaux

 
1. La Lexus ES perpétue la lignée des berlines de la marque de segment E dérivées des Toyota Camry.
• La nouvelle génération mesure désormais 5,14 m (+16 cm par rapport à la précédente) et ses formes sont plus fluides que par le passé.
• Comme pour les modèles d’ancienne génération, elle sera disponible en full hybride (F-HEV). Mais, contrairement à l’ancienne génération, elle sera proposée  en 100% électrique (BEV). Aucune version purement thermique n’est disponible ni dans l’ancienne ni dans la nouvelle génération
• Le poids de la voiture est de 1 840 kg pour la version hybride 2.0, 1 940 kg pour la version hybride 2.5 et 2 240 kg pour la version électrique. Sa plateforme est connue sous le nom TNGA-GA-K.
 
2. La Toyota BZ7 est une berline de segment E dérivée de la Lexus ES, qui pourrait anticiper la future Camry.
Mais ce nouveau modèle est proposé uniquement en version 100% électrique ce qui n’avait jamais été le cas de la Camry.
• Conçue sur la plateforme TNGA-GA-K, elle est le cinquième modèle 100% électrique de la marque Toyota, après les BZ3, BZ3X, BZ4X et BZ5 (les BZ étant des berlines, les BZX étant des SUV).
• Spécialement conçue pour le marché chinois, elle a été mise au point par Toyota et son partenaire chinois GAC Group.
• Elle reprend les dimensions imposantes et le poids de la Lexus ES et entend consolider la position de Toyota sur le marché chinois.
 

Toyota a vendu 1 516 000 voitures en Chine en 2024, en baisse de 13,4% par rapport à 2023. Au premier trimestre 2025, Toyota a inversé la tendance en écoulant 320 000 voitures en Chine, en hausse de 10% par rapport au premier trimestre 2024.

Li Auto est le leader des REEV en Chine au premier trimestre 2025
Un REEV, ou véhicule électrique à prolongateur d'autonomie, est un type d'hybride fonctionnant principalement grâce à un moteur électrique et équipé d'un petit moteur à combustion interne (ICE) pour recharger la batterie lorsque celle-ci est faible. Contrairement aux hybrides traditionnels, le moteur à combustion interne des REEV n'entraîne pas directement les roues, mais agit uniquement comme un générateur, prolongeant ainsi l'autonomie électrique. Les REEV peuvent également être branchés directement sur des bornes de recharge.
 
Le marché chinois des REEV a connu une croissance mitigée en 2025. La production totale de REEV a atteint 224 359 unités, soit une légère augmentation par rapport aux 211 111 unités de la même période en 2024, soit une croissance d'environ 6,3 % sur un an. Si certains constructeurs automobiles ont connu une croissance significative, d'autres ont vu leurs volumes diminuer, ce qui indique une phase concurrentielle et transitoire dans le segment, alors que les préférences des consommateurs et les politiques gouvernementales continuent d'évoluer.
 
Lixiang Automotive (ou Li Auto) reste le principal producteur de REEV avec 103 096 unités produites depuis le début de l'année, en hausse de 7,8 % par rapport à l'année dernière. Lixiang détient une part de marché d'environ 45,9 %. Seres Motor suit avec 44 982 unités, mais a enregistré une baisse significative de -45,4 %. Chang’an Auto et Leapmotor ont affiché une croissance saine à deux chiffres, tandis que Chery Auto est entré avec des volumes modestes (1 842 unités depuis le début de l'année). Cette répartition souligne la position dominante de Lixiang, mais reflète également la concurrence croissante et les futurs réalignements potentiels du leadership du marché.
 
-Les séries Lixiang L6, L7, L8 et L9 dominent le classement: la Lixiang L6 est en tête avec 51 580 unités depuis le début de l'année. Les Lixiang L7 et L9 affichent des performances stables, la L7 étant en baisse à 24 189 unités (contre 38 785, -37,6 %), tandis que la L9 est tombée à 14 061 unités (-54,9 %). Les séries AITO M9 et M7 se classent également parmi les meilleurs modèles, avec M9 à 22 466 unités et M7 à 13 333 unités, bien que les deux aient affiché une baisse.
Evolution production automobile mondiale depuis 1900 : la montée exceptionnelle de la Chine
Le volume de la production automobile mondiale n’a fait que progresser depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, grimpant de 0 à 90 millions de véhicules (VP+VU) de 1945 à 2024.
 
Cette courbe ascendante fut toutefois entrecoupée par de petites crises et par des crises plus importantes comme le premier choc pétrolier (1973/1974), le second choc pétrolier (1979/1980), la crise financière de 2008/2009 et celle du Covid (2020). En 2023 et 2024, la courbe stagne à 90 millions d’unités, alors que les 95 millions d’unités avaient été atteintes dans les années 2016/2017/2018.
 
Assiste-t-on à un début de stagnation de la production automobile mondiale ou l’augmentation de cette production va-t-elle reprendre pour atteindre progressivement les 100 millions d’unités ?  Telle est la question que l’on peut se poser.
 
Alors que la production automobile mondiale (VP+VU) n’a cessé de croitre de 1945 à 2018, la position relative des pays a fortement évolué.
 
Les USA sont les principaux producteurs jusqu’en 1960.
 
L’Europe devient l’égale des USA dans les années 60 avant de les supplanter.
 
Le Japon émerge dans les années 70 et devient l’égal des USA dans les années 80 et 90.
 
- Au même moment, les pays émergents démarrent franchement leur production automobile.
 
On constate une stagnation voire un lent déclin des USA, de l’Europe et du Japon à partir de l’an 2000, face au progrès des pays émergents comme l’Inde et la Corée, mais surtout la Chine qui connaît une croissance rapide et exponentielle inconnue jusqu’alors.
Renault et Nissan prennent leurs distances mais collaborent encore sur certains projets
Les constructeurs Renault et Nissan prennent de plus en plus leurs distances, après avoir été partenaires d’une forte Alliance pendant vingt ans (1999-2019). L’arrestation de son PDG Carlos Ghosn en 2019 et son départ de la présidence de l’Alliance ont marqué le début d’une séparation entre les deux constructeurs qui n’a cessé de s’amplifier. La participation actuelle de Renault au capital de Nissan s’élève actuellement à 35,71% (17,05% en direct et 18,66% dans une fiducie française dont Renault est bénéficiaire). La situation pourrait toutefois évoluer, Renault et Nissan n’ayant plus que l’obligation de conserver 10% des actions de l’autre groupe, avec des droits de vote plafonnés à 15%. D’autre part, Nissan pourrait être libéré de son engagement à investir 600 millions dans Ampère (décision attendue fin mai).
 
Ce rééquilibrage a ainsi entrainé :
• La dissolution des sociétés communes : en 2023 et 2024, les sociétés communes créées dans le cadre de l'alliance, comme celles liées aux achats ou à la production, ont été progressivement dissoutes.
• La reprise des actifs en Inde : Renault a repris en 2025 le contrôle total de l'usine de Chennai en Inde, qui était auparavant une coentreprise avec Nissan. Cela permet à Renault de produire ses propres modèles indépendamment .
 
Certains projets communs, comme la déclinaison Nissan de la Renault 5 E-Tech et de la future Renault Twingo E-Tech restent néanmoins d’actualité.
 
Ces différentes étapes ont marqué la fin d'une collaboration d’ampleur qui avait débuté en 1999 et qui avait permis aux deux entreprises de partager technologies et ressources, et de devenir un temps le premier constructeur mondial.
 
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