Volvo va construire une usine d’assemblage en Slovaquie
La Slovaquie est sans doute le pays européen qui possède aujourd’hui le plus d’usines d’assemblage (Bratislava, Nitra, Trnava, Zilina) par rapport au volume de sa population (5,5 millions d’habitants). Une cinquième usine est en train d’être construite, d’une capacité de production de 250 000 véhicules par an, il s’agit de l’usine Volvo de Košice qui fabriquera à partir de 2028 les futurs modèles 100% électriques Volvo EX60 et Polestar 7 (Polestar étant une filiale de Volvo qui produit ses propres véhicules en Chine et aux Etats-Unis).
 
La Volvo EX60 sera la version 100% électrique du futur SUV XC60 (segment D) attendu en 2026. Elle complètera la gamme EX de Volvo, composée aujourd’hui des  EX30, EX40 et EX90. Elle reposera sur la nouvelle plateforme SPA3 qui intégrera des technologies avancées comme le système de conduite assistée.
 
La Polestar 7, premier véhicule électrique Polestar produit en Europe, sera un SUV dérivé de la Volvo EX60 et donc partagera la plateforme SPA3, ses batteries et ses moteurs avec le SUV EX60. Nul doute que produire ce modèle en Europe y renforcera la présence et la notoriété de la marque Polestar.
 
Actuellement, la gamme Polestar est composée des Polestar 2 (berline de segment D), Polestar 3 (SUV de segment E) et Polestar 4 (SUV de segment E), toutes à  motorisation 100% électrique. Une berline Polestar 5 (berline de segment E) est prévue pour l’automne 2025. Le SUV Polestar 7 (SUV de segment D) devrait être lancé en 2026, avec un transfert d’une partie de la production de Chine vers la Slovaquie en 2028.
Iveco passe sous contrôle de l’indien Tata Motors
La marque Iveco faisait partie du groupe Fiat jusqu’en 2011 en tant que filiale de Fiat Industrial. En 2013, Fiat Industrial a fusionné avec CNH Global pour former le groupe CNH Industrial. En 2022, Iveco est devenu un groupe autonome sous le nom Iveco Group. En 2025, Iveco Group qui fabrique toujours des poids-lourds, des bus et des utilitaires Daily de plus de 2 tonnes partage depuis cette année avec Stellantis certains utilitaires légers des segments N1-2 et N1-3.
 
Aujourd’hui, on apprend que la marque Iveco (hors activité Défense) va passer sous le contrôle de l’indien Tata Motors (propriétaire des marques Jaguar et Land Rover) qui est déjà un gros producteur de poids-lourds en Inde (sous la marque Tata) plus de 300 000 unités annuelles). De son côté, Iveco a produit l’an dernier 120 000 véhicules dont environ 60 000 Daily et 60 000 poids-lourds et bus.
 
Le secteur du poids-lourds est en pleine consolidation après la séparation de la branche poids-lourds de Daimler d’avec Mercedes, de la fusion de Scania et MAN au sein de l’entité Traton (sous contrôle Volkswagen) ainsi que de la fusion récente de Fuso et de Hino. 
 
Le but de Tata Motors est de créer – après ce rachat – un leader mondial des véhicules utilitaires de même importance que les groupes Daimler Trucks, Volvo Trucks ou Traton.
 
Le groupe créé par Tata Motors pourrait en effet vendre plus de 450 000 véhicules par an dans le monde, avec une forte assise en Inde grâce à la marque Tata et une assise européenne grâce à la marque Iveco. La famille Agnelli, propriétaire d’une partie de Stellantis et de la totalité de Ferrari, s’est séparée de la marque Iveco pour 3,8 milliards d’euros (+1,7 milliard d’euros pour la partie Defense vendue à l’entreprise italienne Leonardo).
Les marques qui ont le plus progressé en Europe au 1er semestre 2025
 
Les Joint-venture ne représentent plus que 1/3 de la production chinoise
L’évolution du volume de production des voitures particulières en Chine (qui a vraiment démarré au début des années 2000) s’est faite à partir de deux processus bien distincts, le premier en laissant le champ libre aux marques chinoises de fabriquer leurs propres véhicules en copiant parfois les productions étrangères et cela seulement jusque dans les années 2010 où les constructeurs chinois se sentaient désormais capables d’innover sur beaucoup de points, dont le design (qui était le point le plus visible de la copie), et le second qui consistait simplement à demander aux constructeurs chinois de fabriquer sous licence des automobiles étrangères (européennes, japonaises, coréennes, américaines), via des joint-venture, ce qui pouvait permettre à ces constructeurs chinois non seulement de produire des automobiles en grand nombre – en fonction d’une demande chinoise importante – mais aussi d’accéder à des technologies avancées en matière de motorisation, sécurité, design et électronique embarquée. En travaillant aux côtés d’ingénieurs et de designers étrangers, les équipes locales ont acquis des savoir-faire techniques et managériaux qui ont accéléré leur professionnalisation. Produire sous licence a obligé les constructeurs chinois à respecter des normes internationales de qualité, ce qui a amélioré leur réputation et leur compétitivité. Une fois les compétences acquises, les marques chinoises ont pu développer leurs propres modèles et les exporter, devenant aujourd’hui les premiers exportateurs mondiaux de véhicules. Mais ce qui s’est passé en Chine n’est pas nouveau, puisque le Japon puis la Corée avaient procédé de la même manière.
 
Les deux stratégies ont permis une progression parallèle du volume de production automobile chinoise jusqu’en 2020, date de la crise du Covid. A partir de cette date, impactée par l’électrification des véhicules décidée par le gouvernement chinois, la production des JV a commencé à décliner alors que la production des marques chinoises a progressé de manière spectaculaire, si bien qu’en 2024, sur 27,5 millions de voitures produites en Chine, 18 millions sont produites par les marques chinoises et 9,5 millions par les JV. Et l’écart va continuer à croître.
Les marques qui ont le plus reculé en Europe au 1er semestre 2025
Dans un marché automobile européen (30 pays = UE + Royaume-Uni + Suisse + Norvège) qui a baissé de 1% au premier semestre 2025 par rapport au premier semestre 2024, une quarantaine de marques ont vu leurs ventes reculer de plus de 1%, alors qu’une cinquantaine ont vu leurs ventes être stables ou progresser.
 
Parmi la quarantaine de marques qui ont vu leurs ventes reculer de plus de 1% au premier semestre 2025, il est intéressant de savoir quelles ont été les marques les plus touchées et quelles ont été les raisons de leur dégringolade. Lorsque l’on observe cette liste, on constate que les 13 marques en baisse ont pâti de l’insuccès de leurs modèles (Lancia, Smart, Mitsubishi, DS) ou de l’insuccès de leur stratégie (Jaguar, Tesla). Toyota manque de modèles 100% électrique, ce qui expliquerait la baisse de ses ventes en Europe au premier semestre, dans un contexte de forte hausse des ventes de BEV.
 
Si l’on se réfère au volume de ventes perdues au premier semestre 2025 par rapport au premier semestre 2024, on observe que sur la quarantaine de marques qui ont vu leurs ventes baisser, 13 marques ont perdu plus de 10 000 ventes d’une année sur l’autre.
 
C’est surtout Tesla (-55 000 ventes), Fiat (-44 000 ventes) et Toyota (-43 000 ventes) qui ont le plus perdu de ventes. Mais on remarque que le groupe Stellantis a beaucoup plus souffert que les autres, puisque les marques Fiat, Citroën, Opel, Lancia figurent parmi les marques ayant le plus perdu de ventes en 2025 et cumulent une perte de 120 000 ventes à elles quatre. C’est deux fois plus que les pertes de Tesla. Le cas de Toyota est plus étonnant, car ce constructeur était en pleine croissance depuis plusieurs années.
 
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