Mitsubishi relance l’Outlander en Europe
Après avoir annoncé son départ du marché européen, le constructeur japonais Mitsubishi, dont Nissan détient 34% du capital depuis 2016, est revenu sur sa décision en adoptant les carrosseries et les moteurs des Renault Clio et Captur, pour les Mitsubishi Colt et Mitsubishi ASX. Plusieurs autres modèles sur base Renault sont prévus d’ici 2028, comme un rebadging du Renault Scenic E-Tech en 2026 et un rebadging de la Renault R5 E-Tech en 2027. Ces deux modèles seront les premiers 100% électriques de la marque Mitsubishi depuis l’abandon de la I-Miev qui avait donné naissance aux Citroën C-Zero et Peugeot Ion.
 
Deux autres modèles en fin de vie continuent à être commercialisés par Mitsubishi jusqu’à la fin de l’année, il s’agit de la Space Star (berline de segment A/B) et de l’Eclipse Cross (SUV de de segment C). En 2023, sur 41 441 Mitsubishi vendues en Europe (UE + UK + Suisse + Norvège), la Space Star a représenté 23 012 unités, l’ASX 8 432 unités, l’Eclipse Cross 8 244 unités et la Colt 1 662 unités.
 
Pour compléter sa gamme européenne et amplifier le niveau de ses ventes, Mitsubishi a décidé de faire revenir l’Outlander hybride rechargeable sur le marché européen, après son abandon en 2021. L’Outlander est en effet très connu en Europe, pour y avoir été diffusé à 425 000 exemplaires environ depuis 2006 et parce qu’il fut le pionnier des véhicules hybrides rechargeables commercialisé à grande échelle.
 
Le nouveau Outlander, connu au Japon depuis 2020, va donc faire son retour en Europe d’ici la fin de l’année 2024. Celui-ci ne doit rien à Renault, son moteur principal étant un 2,3 litres essence de 136 ch couplé à un moteur électrique de 116 ch à l’avant et un autre à l’arrière, délivrant au total 302 ch répartis sur les quatre roues. Dans ses meilleures années, l’ancien Outlander réalisait 40 000 ventes par an en Europe. Prix estimé du nouveau : 48 000 euros environ.
Cupra complète sa gamme avec les SUV Terramar et Tavascan

La toute jeune marque Cupra (créée en 2018 pour intégrer les véhicules haut de gamme de SEAT), filiale espagnole du groupe Volkswagen (au même titre que Seat qui existe toujours), vient de compléter sa gamme avec deux nouveaux SUV de style différent et de motorisations également différentes, puisque l’un est doté de moteurs thermiques ou hybrides et l’autre d’un moteur 100% électrique.

 
1. Terramar : ce SUV long de 4,52 m reprend la plateforme MQB des SUV Volkswagen Tiguan et Audi Q3. Il est donc doté comme ces deux modèles uniquement de moteurs thermiques et hybrides rechargeables (PHEV) : un 1.5 TSI de 150 ch (110 kW) et un hybride rechargeable 1.5 de 272 ch (200 kW). Il est fabriqué dans l’usine hongroise de Gyor aux côtés de l’Audi Q3. Son style évoque la Cupra Formentor en plus imposant (il est 7 cm plus long et 6 cm plus haut). Il est toutefois plus bas (1,58 m) que ses concurrents directs, ce qui lui donne une allure plus dynamique, à l’image de la marque Cupra. Le Terramar remplacera progressivement l’ancien Seat / Cupra Ateca (long de 4,39 m) dont les origines remontent à 2016. Les prix du Terramar seront de l’ordre de 47 500 à 60 000 euros selon la version. Inovev table sur 50 000 ventes chaque année.
 
2. Tavascan : ce SUV long de 4,64 m reprend la plateforme MEB des Volkswagen ID3, ID4, ID5 et ID7. Il est donc doté uniquement d’un moteur 100% électrique de 286 ch à 340 ch (210 kW à 250 kW). Son positionnement situe le modèle au niveau de la Volkswagen ID5 et du Skoda Enyaq coupé. Le Tavascan est fabriqué en Chine. Son prix est de 47 000 à 65 000 euros selon la version. Inovev table sur 50 000 ventes chaque année.
La Volkswagen Polo est désormais produite en Afrique du Sud
Dans une précédente Auto Analyse, nous avions annoncé l’arrêt de production en Europe de la Volkswagen Polo (berline de segment B) début juillet 2024, alors que la voiture avait trouvé encore 136 000 clients l’an dernier sur ce continent et 67 000 sur le premier semestre 2024.
 
Le constructeur a annoncé vouloir continuer les livraisons de la Polo mais à partir de son usine sud-africaine de Kariega (ex-Uitenhage) qui produit déjà ce modèle pour le marché local ainsi que pour l’Europe mais en quantités réduites.
 
Désormais, cette usine née en 1951 qui a produit 101 557 Polo en 2023 contre 108 422 en 2019, va devenir le site de production dédié à la fabrication de la Polo pour l’ensemble des marchés africains et européens.
 
Ce site va donc devoir augmenter sa capacité de production pour pouvoir absorber les ventes annuelles de la Polo en Europe (qui devraient baisser progressivement), en plus des 50 000 ventes annuelles réalisées sur le marché sud-africain.
 
Quant à l’usine espagnole de Pampelune où était fabriquée la Polo jusqu’à maintenant, elle va continuer à fabriquer les SUV de segment B à moteur thermique (Taigo et T-Cross) et recevoir en 2026 la production de deux nouveaux modèles 100% électrique : la version SUV de la future Volkswagen ID2 (peut-être appelée ID2 X) et son dérivé Skoda connu sous le nom Epiq. L’usine de Pampelune deviendra donc une usine dédiée à 100% aux SUV à partir de 2026. Rappelons que la future berline Volkswagen ID2 (souhaitée par VW comme la véritable remplaçante de la Polo) sera fabriquée à Martorell (Espagne), à l’instar de ses dérivés Skoda et Cupra.
Pourquoi Stellantis a choisi le site de Saragosse pour produire la Lancia Ypsilon
La Lancia Ypsilon, qui est la lointaine héritière de l’Autobianchi A112, a été produite en Italie de 1995 à 2011 puis en Pologne de 2011 à 2024. La nouvelle génération qui a été lancée cette année sur la base des Peugeot 208 et Opel Corsa est désormais produite en Espagne (à Saragosse). On peut s’interroger sur la pertinence de ce nouveau transfert, la Pologne bénéficiant encore de coûts de production moins élevés que ceux pratiqués en Europe de l’Ouest.
 
La raison principale est que la nouvelle Ypsilon 100% électrique reprend beaucoup d’éléments des Peugeot 208 100% électrique et Opel Corsa 100% électrique (dont la plateforme et le moteur) qui sont produites à Saragosse en Espagne.
 
Cette implantation a été rendue possible grâce au transfert des Citroën C3 Aircross et Opel Frontera (ex-Crossland) de Saragosse vers Trnava en Slovaquie. L’usine de Trnava avait quant à elle vu la fabrication de la Peugeot 208 transférée vers l’Espagne (pour les versions électriques) et vers le Maroc (pour les versions thermiques).
 
Quant à l’usine polonaise de Tichy qui fabriquait l’ancienne Lancia Ypsilon, elle va subir non seulement l’arrêt de production de ce modèle mais également celui de la Fiat 500 à moteur thermique. En compensation, cette usine a vu l’arrivée des Jeep Avenger, Fiat 600 et Alfa-Roméo Junior, mais ces trois modèles ne pourront probablement pas compenser totalement la perte des Lancia Ypsilon et Fiat 500, notamment parce que ces trois modèles sont livrés pour partie en version électrique et que le marché de l’électrique est en train de stagner. Stellantis a sans doute surestimé le marché de l’électrique. Cette constatation vaut aussi pour la Fiat 500 électrique dont les ventes reculent depuis le début de l’année.
La production de la Renault Twingo a cessé en août 2024
En quelques années, la quasi-totalité des modèles de segment A ont progressivement disparu de la production automobile européenne, sans doute en raison de marges trop faibles par rapport à un marché qui a représenté moins de 10% des ventes totales de voitures en Europe au cours de ces vingt dernières années. Après la Ford Ka (2008-2016), l’Opel Adam (2013-2019), la Seat Mii (2011-2021) , la Skoda Citigo (2011-2021), la Smart Forfour (2014-2021), la Citroën C1 (2014-2022), la Peugeot 108 (2014-2022), la Volkswagen Up (2011-2023), la Smart Fortwo (2014-2024), la Fiat 500 (2015-2024), c’est au tour de la Renault Twingo (2014-2024) de s’effacer pour n’être remplacée qu’en 2026.
 
La Renault Twingo III qui vient de disparaître était le fruit d’une collaboration entre Renault et Mercedes, pour une raison de mutualisation des coûts. Basées sur la même plateforme, les Renault Twingo III et Smart Forfour étaient assemblées dans l’usine Renault de Novo Mesto en Slovénie. La Smart Fortwo était basée sur cette même plateforme raccourcie, que Renault n’utilisera pas pour son propre compte. La Fortwo, contrairement à la Forfour, était fabriquée en France, sur le site Smart d’Hambach.
 
Renault avait souhaité l’an dernier lancer une remplaçante (versions thermiques et électriques) de la Twingo, en collaborant avec Volkswagen, mais ce projet a échoué. En mars 2024, au Salon de Genève, le président de Renault, Luca de Meo, conscient de la nécessité de lancer en Europe des voitures électriques de petit format et de prix modéré a appelé à la création d’un 'Airbus de la petite voiture électrique' afin de mutualiser les coûts, mais pour l’instant ce vœu reste sans réponse, malgré la menace chinoise qui s’impose de façon prégnante.
 
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